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Mercredi 30 avril 2008
(NDLR: un article qui répond à la question de Bruno: comment est il possible d'engager un sans papier compte tenu des demandes nombreuses de l'administration pour toute embauche...)

LEMONDE.FR | 30.04.08 | 19h15  •  Mis à jour le 30.04.08 | 20h50

hristian Gabet, secrétaire de l'Union locale CGT du 13e arrondissement de Paris, soutient 28 salariés sans papiers en grève qui occupent un chantier dans l'arrondissement afin d'obtenir leur régularisation.

Comment le mouvement a été lancé ?

Ces actions sont parties de ce qui s'est passé dans l'Essonne avec Modelux et Buffalo Grill puis avec le restaurant de la Grande Armée à Paris [sept cuisiniers en situation irrégulière ont été régularisés après une grève en février]. Des salariés sans papiers sont venus nous voir et nous ont demandé de les aider : on a préparé cette action avec eux, en secret. Quand tout a été prêt, la grève a été lancée, le 15 avril, à 8 heures. A cette date, il y avait douze sites avec vingt entreprises concernées. Mercredi 30 avril, il y a quatorze sites avec une trentaine d'entreprises et six cents salariés en grève.

Comment parvient-on à se faire embaucher quand on est sans papiers ?

Il y a deux façons : soit on présente de faux papiers, soit on emprunte l'identité d'une autre personne. Ce n'est pas plus compliqué que ça. Une grande partie des employeurs savent que leurs salariés sont sans papiers. Surtout qu'avec les dernières lois, ils ont obligation de contrôler. Il y a aussi l'Urssaf et les impôts auxquels les salariés cotisent.

En fait, les entreprises en profitent : quand vous avez la moitié de votre masse salariale qui est plus ou moins déclarée et que vous les payez de la façon la plus basse possible, vous gagnez des parts de marché. D'ailleurs, quand le mouvement a commencé, certains employeurs ont parlé de concurrence déloyale.

Que pensez-vous de la réponse apportée par le gouvernement ?

Le gouvernement continue de ne pas vouloir faire de régularisations massive mais il devra y venir. C'est une réalité : il faudra légiférer pour donner les moyens à ces salariés de travailler légalement.

La grande majorité des gens qui sont là ont un contrat de travail, un salaire, certains cotisent à la Sécurité sociale, paient des impôts. Mais quand un salarié sans papiers se blesse, la plupart du temps, son employeur arrête son contrat de travail... qui ne reprend qu'au retour du salarié. Par conséquent, les salariés sans papiers ne tombent pas malades parce qu'ils ont peur de perdre leur travail. Ils n'arrivent pas non plus en retard, sinon ils sont licenciés.

par Site des Chevenementistes publié dans : Société Travail
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Mardi 29 avril 2008
LE MONDE | 29.04.08 | 13h56  •  Mis à jour le 29.04.08 | 13h56

e pouvoir d'achat du patient ne cesse d'être grignoté.

Déremboursement de médicaments au nom d'un service médical rendu insuffisant, instauration de franchises médicales, multiplication des dépassements d'honoraires des médecins libéraux pour "compenser", disent-ils, l'insuffisance de leur revalorisation tarifaire, et enfin menace sur le remboursement des frais d'optique... la part des dépenses de santé payée par l'assuré social grossit inlassablement.

Parmi tous ces paramètres qui pèsent sur le budget santé des Français, les dépassements d'honoraires représentent un poste bien plus lourd que les nouvelles franchises. Il y a un an, le 23 avril 2007, l'inspection générale des affaires sociales (IGAS) remettait au ministère de la santé un rapport dressant un constat sévère des pratiques de dépassements d'honoraires réclamés par les médecins à leurs patients.

Exemples : pour le port d'une prothèse de hanche, 72 % des patients doivent payer de leur poche en moyenne 225 euros à l'hôpital public, et 454 euros dans une clinique privée. Pour une opération de la cataracte, 71 % doivent débourser en moyenne 91 euros dans le public et 200 euros dans le privé. Sans compter les dépassements dans les cabinets médicaux en ville lors des consultations. Constatant que ces dépassements, qui ont augmenté "de plus de 40 % en dix ans en valeur réelle", sont devenus "une pratique majoritaire chez les spécialistes" et ont représenté 2 milliards d'euros sur un total de 19 milliards d'honoraires, l'IGAS concluait : "Cette pratique est devenue un obstacle à l'accès aux soins."

Un an plus tard, les discours des responsables politiques affirmant qu'il est nécessaire de revoir ce système ne manquent pas. "Il faut s'attaquer aux dépassements d'honoraires, a affirmé à plusieurs reprises la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, parce qu'ils constituent un problème majeur d'accès aux soins." Le 6 février, Nicolas Sarkozy demandait que les états généraux de la santé puissent déboucher sur des mesures de "régulation des dépassements d'honoraires".

Tout le monde a une complémentaire santé, rétorqueront les plus optimistes. Malheureusement, cela ne suffit plus. Si 85 % des Français sont couverts par une mutuelle ou une assurance complémentaire, la prise en charge des dépassements d'honoraires n'est ni générale ni illimitée et varie considérablement suivant les contrats souscrits. Une récente étude de l'Union nationale des organismes d'assurance-maladie complémentaire (Unocam) montre que 40 % des personnes disposant d'une couverture complémentaire ne sont pas du tout remboursées des dépassements et que seulement 20 % bénéficient d'une prise en charge entre 100 % et 120 %. En 2005, sur la totalité des honoraires médicaux, la Sécurité sociale en a pris en charge 71 %, les complémentaires santé 18 % les ménages 9 % et l'Etat 2 % (CMU). "La tendance récente est marquée par une limitation de la prise en charge des dépassements", souligne l'Unocam.

Le gouvernement dit s'inquiéter de ces dérives mais il n'a pris aucune mesure concrète. Même l'obligation faite aux médecins d'informer préalablement par écrit le patient sur les tarifs pratiqués n'est toujours pas appliquée. Cette décision, qualifiée de "mesure vexatoire" par certains syndicats, apparaît comme le minimum. Mais le ministère de la santé est incapable de fournir une date de publication de l'arrêté qui fixera le seuil à partir duquel cette information sera "obligatoire". La loi a pourtant été votée en décembre 2007.

Cette question des dépassements d'honoraires est une vieille histoire chargée de non-dits. Déjà, en 1992, Claude Béraud, médecin-conseil de la Caisse nationale d'assurance-maladie, s'en prenait aux "dépassements excessifs". Pourquoi le dossier traîne-t-il ? Prosaïquement, parce qu'il ne change rien aux comptes de la Sécu. Payés par les complémentaires santé et les patients, les dépassements ne sont pas une source d'économies potentielles pour l'assurance-maladie. Cette dernière exerce peu de contrôles et encore moins de sanctions contre les praticiens indélicats. Quant aux patients, ils n'osent pas porter plainte. De plus, les dépassements sont légaux et autorisés. Mais le fameux "tact et mesure" dont sont censés faire preuve les médecins n'a pas de définition législative ou réglementaire.

SYSTÈME À BOUT DE SOUFFLE

Ce sujet irrite les syndicats de praticiens. Pour la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), la majorité des dépassements correspond "à une inadéquation entre les valeurs des actes retenus pour le remboursement par l'assurance-maladie et leur coût réel pour les médecins", ainsi qu'à une "répercussion du coût des assurances professionnelles des spécialités à risque". Aux yeux de la CSMF, la seule solution pour faire barrage aux dépassements passe par une revalorisation des tarifs. Ce que l'assurance-maladie n'est pas pressée de faire. L'ordre des médecins botte en touche en expliquant ne recevoir aucune information des caisses sur les honoraires perçus par les praticiens, "ce qui limite, dit-il, toute action pédagogique et disciplinaire". Seule avancée, les assurés sociaux peuvent appeler leur caisse d'assurance-maladie pour trouver un professionnel de santé appliquant les tarifs de la Sécu. Mais une enquête publiée en mars dans L'Expansion a montré qu'il est de plus en plus difficile dans certaines régions d'être opéré sans dépassement d'honoraires.

Il est urgent d'agir. En pesant sur le budget des ménages, les dépassements d'honoraires remettent en cause l'égalité d'accès aux soins. Selon la dernière enquête de l'Institut de recherche en économie de la santé (Irdes), 14 % de la population déclare avoir renoncé à des soins pour des raisons financières. Ces renoncements se concentrent sur la santé bucco-dentaire, les lunettes et les consultations chez un spécialiste, trois secteurs où le reste à charge pour les assurés est le plus important. Plus le revenu du ménage est faible, plus le renoncement est important. Faut-il plafonner les dépassements, comme le réclament les associations de patients ? Faut-il, comme le réclament les syndicats de médecins, créer un "secteur optionnel" autorisant les médecins de secteur 1 (tarifs Sécu) à pratiquer des dépassements sur une partie de leurs activités intégralement remboursés par les complémentaires santé ? Une chose est sûre, le système actuel est à bout de souffle.

par Site des Chevenementistes publié dans : Sécurité Sociale
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Mardi 29 avril 2008
LE MONDE | 29.04.08 | 15h13  •  Mis à jour le 29.04.08 | 15h15

i le recul du chômage tend à se confirmer, l'emploi est de moins en moins protecteur contre la pauvreté. Tel est l'un des principaux constats mis en évidence par le cinquième rapport de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale, qui devait être remis, mardi 29 avril, au Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch, et à la ministre du logement et de la ville, Christine Boutin.

Ce rapport confirme que le processus de réduction de la pauvreté globalement observé sur les deux dernières décennies marque une pause : en 2005, dernière année connue, 3,7 millions de personnes (6,3 % de la population totale) vivaient en dessous du seuil de pauvreté (681 euros par mois pour une personne seule), soit un nombre identique à celui de 2003. Et l'intensité de la pauvreté tend à s'aggraver. L'écart entre le niveau de vie médian des ménages pauvres et le seuil de pauvreté ne cessant de s'accroître depuis 2002 (16,3 % en 2002 à 18,2 % 2005), de plus en plus de personnes s'éloignent de ce seuil et "s'enfoncent" dans la précarité.

TEMPS PARTIEL

Même l'emploi protège de moins en moins contre la pauvreté. En 2003 et 2005, le phénomène des working poor (travailleurs pauvres) s'est ainsi accentué : il y a trois ans, 1,74 million de personnes, soit 7 % des travailleurs, occupaient un emploi mais étaient malgré tout dans un ménage ayant un revenu inférieur au seuil de pauvreté ; deux ans plus tôt, ils étaient 1,47 million.

La pauvreté touche d'abord des travailleurs qui connaissant de longues périodes de chômage, mais aussi ceux qui sont employés toute l'année à temps partiel (21 % des travailleurs pauvres) et les non-salariés (27 % sont indépendants).

Les difficultés des travailleurs pauvres sont aussi souvent liées à leur situation familiale. Un tiers d'entre eux a un conjoint chômeur ou inactif (contre 23 % de l'ensemble des travailleurs) et un autre tiers est sans conjoint (contre un quart de l'ensemble des travailleurs). Plus de 40 % des travailleurs pauvres ont ainsi un revenu supérieur à un smic annuel mais qui, rapporté à la composition de leur ménage et en l'absence d'autres ressources, ne permet pas de dépasser le seuil de pauvreté.

par Site des Chevenementistes publié dans : Société Travail
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Lundi 28 avril 2008
LEMONDE.FR | 24.04.08 | 19h24  •  Mis à jour le 28.04.08 | 14h04

L'intégralité du débat avec Jean-Christophe Bureau, chercheur à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), lundi 28 avril, à 10 h .


bb : Que sont les agrocarburants ? Y a-t-il une différence avec les biocarburants ?
Jean-Christophe Bureau :
Il n'y a pas de différence entre les deux. De plus en plus, on utilise le terme "agro" pour ne pas introduire de confusion avec les produits bio, sachant que les agrocarburants sont de plus en plus critiqués pour leur bilan écologique. Les agrocarburants sont essentiellement des substituts à l'essence : l'éthanol fait à partir de canne à sucre, de blé ou de betterave, et des substituts au diesel : des huiles faites à partir de colza, de soja ou d'huile de palme.

Julien_L. : Quelles céréales contribuent à la production d'agrocarburants ?

Pour les céréales destinées à l'éthanol, c'est surtout le blé, mais on peut en faire avec de l'orge, du seigle, etc.

TOTOVITCH : Peut-on avoir une réponse claire sur le bilan énergétique et environnemental des agrocarburants cultivés en France ? Il semble, en effet, que la seule étude publiée à ce sujet et commandée par l'Ademe soit entachée d'erreurs méthodologiques que l'Ademe aurait reconnues. Qu'en est-il vraiment ?
Il est très difficile de vous donner une réponse claire. Il y a peu d'études complètement indépendantes, et presque tous les chiffres publiés sont influencés par une industrie ou un groupe de pression, que ce soit les pétroliers, les céréaliers ou les betteraviers. J'ai recensé une cinquantaine d'études différentes sur le bilan environnemental, et les chiffres sont incroyablement divergents. L'étude de l'Ademe est parmi celles les plus favorables aux agrocarburants. Il en est d'autres qui trouvent un bilan beaucoup plus négatif en France. Le bilan énergétique (c'est-à-dire le rapport entre l'énergie fossile – le pétrole – économisée et utilisée) de l'éthanol à partir de blé est très médiocre. Le bilan des huiles de colza comme substitut au diesel est un peu meilleur, mais, dans les deux cas, si l'on tient compte des pollutions des eaux et d'autres aspects environnementaux, le bilan en termes d'environnement est très incertain.

bbb : Cultive-t-on déjà en masse ces agrocarburants, ou bien le débat est-il pour l'instant théorique ?
Dans trois pays, on les cultive déjà de manière importante. Il s'agit, en premier lieu, des Etats-Unis : plus de 40 % de la production mondiale (surtout de l'éthanol de maïs, mais de plus en plus du biodiesel). L'autre grand producteur est le Brésil, avec de la production d'éthanol de canne à sucre. Enfin, l'Union européenne est un producteur significatif, surtout l'Allemagne avec du colza pour le diesel.

Moka : Quel lien faites-vous entre le développement des agrocarburants et l'actuelle crise alimentaire ?

Il y a beaucoup de raisons convergentes à la hausse des prix agricoles qui crée cette crise alimentaire : la production d'agrocarburants est l'une d'entre elles, mais elle est très loin d'expliquer la hausse des prix à elle seule. Les principales raisons sont la hausse des prix du pétrole, donc des engrais, la demande des pays émergents pour des céréales, et sans doute, à court terme, de la spéculation. Les agrocarburants n'occupent qu'1 % des terres cultivables au monde, mais sur certains marchés comme le maïs, l'ambitieux programme américain d'éthanol, qui utilise plus d'un quart de la production américaine, contribue significativement à la hausse des prix. Comme on peut utiliser du blé ou du maïs dans l'alimentation animale, cette hausse se propage aux autres céréales.

Thierry : A-t-on évalué l'impact de la généralisation de la production d'agrocarburants sur les prix des produits alimentaires ?
L'INRA (l'Institut national de la recherche agronomique) en France, la FAO (l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), et l'International Food Policy Research Institute sont en train de travailler là-dessus. Il est assez difficile de mesurer la responsabilité des agrocarburants, car on a du mal à estimer la part de la spéculation dans la hausse des prix. Les chiffres préliminaires conduisent à penser que les programmes de biocarburants expliquent 10 à 25 % de la hausse des prix des céréales. C'est un chiffre bien plus faible pour les prix de l'alimentaire au consommateur en France, puisque les produits agricoles représentent en fait une part assez faible du produit fini.

kisifi : Il y a quelques semaines, la Banque mondiale a évoqué des manifestations violentes liées à la flambée des prix alimentaires dans plusieurs pays, dont Madagascar. J'habite Madagascar et je peux certifier que c'est faux, le prix du riz est même inférieur à celui de l'an passé. Est-ce que cette "crise alimentaire" actuelle qui sert d'argument aux opposants aux agrocarburants existe vraiment ?
Je suis à Paris, où la crise est peu visible, mais je ne crois quand même pas au complot. Les prix des céréales ont flambé. Si l'on considère que, il y a quelques années, le prix moyen du blé était de l'ordre de 90 euros la tonne, il est monté à 280 euros et est encore aujourd'hui autour de 190 euros. Cela peut traduire de la spéculation à court terme, mais, plus fondamentalement, une forte demande, et donc une tension sur les marchés. Dans le cas du riz, il faut voir que ce qui est échangé dans le commerce international est une part très faible de la production mondiale (de l'ordre de 7 %). La flambée des prix vient du fait que beaucoup de pays exportateurs ont instauré des interdictions d'exporter ou des taxes à l'exportation. Cela fait donc monter les prix, même si localement une bonne récolte peut les faire baisser. Peut-être est-ce le cas à Madagascar ? Je ne connais pas la situation.

zorg : Vous ne parlez pas de la France ? L'INRA se désintéresse-t-il du marché français ? Pouvez-vous nous préciser les régions françaises intéressées par la production de biocarburant et nous faire entrer dans le concret de notre économie ?
L'INRA travaille surtout sur la recherche, donc sur l'avenir, et ses travaux portent beaucoup sur les agrocarburants de deuxième génération, qui ne seront pas faits avec des céréales, mais avec des produits à fibres (cellulosiques, comme des graminées ou des arbustes). Les régions françaises concernées sont surtout pour l'instant les régions de grandes cultures (céréales et oléagineux), donc des plaines assez fertiles, mais si les agrocarburants de deuxième génération se développent, ils pourraient être cultivés dans des régions à sol plus pauvre, et entrer moins en concurrence avec la production alimentaire. Cependant, la recherche avance lentement, et ils ne seront pas prêts avant plusieurs années, dans des conditions économiques réalistes. Le département d'économie de l'INRA évalue les avantages et les inconvénients des soutiens aux agrocarburants sur un plan économique. Sans vouloir caricaturer, l'INRA a toujours été réservé sur l'intérêt des aides publiques aux agrocarburants, au moins de première génération.

Mateos : Est-ce la production d'agrocarburants elle-même ou les instruments politiques (directives européennes, Energy Act aux Etats-Unis) poussant à la production qui sont en cause ? Les agrocarburants ne se seraient pas développés en Europe et aux Etats-Unis sans des soutiens publics. Par contre, au Brésil, l'éthanol de canne à sucre peut tout à fait se développer sans aide publique. C'est aussi la production qui a le meilleur rendement énergétique. Ce qui est donc mis en cause, ce sont surtout les politiques américaine et européenne d'aide aux agrocarburants. En Europe, des directives européennes fixent des objectifs, mais les soutiens aux agrocarburants sont surtout des subventions et des défiscalisations nationales. La France, par exemple, a des objectifs plus ambitieux que les directives européennes, qui d'ailleurs ne fixent pas des taux obligatoires (ce sont de simples recommandations). Des pays comme la France et l'Allemagne font donc du "zèle".

sam : Même découplés de la production, les paiements directs de la PAC sont-ils une incitation à produire des graines pour les agrocarburants ? N'y a-t-il pas une faille dans la fameuse boîte verte de l'accord agricole de l'OMC ?
On ne peut pas accuser la PAC d'une chose et son contraire. Certains disent justement que ces aides, maintenant "découplées" (qui ne sont plus liées aux quantités produites), sont responsables du fait que l'agriculture européenne produit moins, et donc de la montée des cours mondiaux. C'est la thèse de certains syndicats agricoles français. Je ne crois pas personnellement que cela explique la hausse des prix, mais inversement, ce ne sont pas ces aides de la PAC qui favorisent la production d'agrocarburants. Il y a seulement une petite aide à l'hectare aux agrocarburants que la Commission européenne remet en cause et qui joue assez peu sur la production. Le soutien aux agrocarburants est bien davantage le fait des gouvernements des pays membres.

MESNARD_A_1 : Quelles sont les principales firmes ou groupes qui s'intéressent aux agrocarburants ? Quel est leur intérêt ?
La plupart des usines viennent d'investissements du monde agricole. Par exemple, une grosse usine d'éthanol de blé a été financée par des agriculteurs et un groupe sucrier qui leur appartient. Leur intérêt était de trouver un débouché lorsque les prix des céréales étaient très bas. Depuis, ils ont monté, ce qui pose le problème de la rentabilité de ces usines. Néanmoins, pour la profession agricole, cela peut être utile pour assurer un débouché à prix plus stables dans une période où les cours fluctuent. D'autres acteurs ont investi dans la filière, par exemple des groupes amidonniers, car ils pensent que, à terme, derrière les agrocarburants, il y a des molécules intéressantes pour l'industrie et que les produits agricoles seront une source de matières premières pour la chimie. Il s'agit donc pour beaucoup de maîtriser un processus technologique.

bartouc : Le palmier à huile en Asie du Sud-Est et la canne à sucre au Brésil attirent déjà les spéculateurs. Y a -t-il un remède à cela?

Je pense qu'ils n'attirent pas les spéculateurs, mais les investisseurs. Dans les deux cas, ce sont des plantes qui peuvent produire des agrocarburants à bas coût. Le problème est que, si la canne à sucre au Brésil peut encore s'étendre sans dommage écologique catastrophique, c'est assez rarement le cas du palmier à huile en Asie. D'autre part, on risque le développement de cette culture sur des zones de forêts vierges, aussi bien en Amérique qu'en Afrique.

Suzanne_Berthaut_1 : Notre planète ne serait-elle pas défigurée, spoliée, dévastée par un plan de masse pour les biocarburants ?
Si, on risque une déforestation massive, qui a déjà eu lieu en Indonésie, où la jungle a déjà disparu, qui est en train d'avoir lieu en Malaisie, et risque d'avoir lieu au Brésil et en Colombie. Le seul éclair d'optimisme serait que des agrocarburants de seconde génération puissent pousser sur certaines terres peu fertiles et soient une solution pour améliorer les revenus en Afrique, car on sait que l'on fait davantage attention à l'environnement dans des pays plus riches. C'est une idée que met en avant la FAO, mais certains experts sont critiques, même sur les agrocarburants de deuxième génération, faisant valoir que dès que l'on exporte de la matière organique du sol, on met en danger le sol en question.

FDL : Pourquoi la France tarde ainsi à investir sur les biocarburants de seconde génération ? L'Allemagne a déjà ouvert sa 1re usine ...
A l'heure actuelle, c'est une production qui n'est pas rentable sans subventions. Il me semble donc plus important de mettre l'argent du contribuable dans la recherche plutôt que dans les investissements. Il est trop tôt pour lancer des programmes ambitieux, car la technologie actuelle (qui date en fait des années 1930, ce qu'on appelle la "voie chimique" utilisée dans les usines dont vous parlez) n'est guère prometteuse. La voie la plus prometteuse consisterait à faire dégrader la cellulose par des bactéries (voie biologique). Cette technique progresse, mais est loin d'être opérationnelle, et n'est en tout cas pas viable économiquement. De plus, comme je le disais, même si la deuxième génération permettait de moins entrer en concurrence avec la production alimentaire, elle ne résout pas tous les problèmes. L'exportation de matières organiques, même avec des arbustes (taillis à courte rotation de bouleaux ou de saules) des graminées (switch grass) ou d'autres plantes (miscanthus), nécessitera des apports d'engrais minéraux, avec un impact environnemental sur les sols. La solution qui sera réellement durable sera sans doute une troisième génération à partir d'algues lipidiques. Là, on en est aux tous débuts de la recherche...

zorg : Lorsque je vais dans le Sud-Ouest, je rencontre des agriculteurs qui nous disent : "Utilisez les biocarburants ! Ce sera pour nous une source de revenus qui nous permettra d'assurer la relève du métier par les jeunes agriculteurs..." N'est-ce pas là un projet d'avenir pour nos agriculteurs en besoin de reconversion pour certains ?

C'est très exactement ce pourquoi la France a soutenu un programme d'agrocarburants ambitieux. La première raison était justement d'assurer des débouchés et des revenus à l'agriculture française. Les arguments d'indépendance énergétique et de réduction d'émissions de gaz à effet de serre ont toujours été un peu "pipeau". Le problème est que, depuis, les cours mondiaux se sont envolés, et il n'y a plus de problème de débouchés à court terme. Il faut garder la tête froide : les agrocarburants peuvent sans doute aider le secteur agricole si ses prix mondiaux baissent, et en tout cas pourraient permettre, à mon avis, de réduire les effets de la volatilité des cours pour les agriculteurs qui pourraient contracter une partie de leurs récoltes à prix stables. Ils n'ont donc pas que des inconvénients.

Moz : Si les agrocarburants peuvent se présenter comme une "solution" dans les pays du Nord, dans quelles mesures seraient-ils positifs pour les pays du Sud, notamment l'Afrique? Serait-ce une option viable et bénéfique pour ces populations?
Les agriculteurs des pays du Sud ont été laminés par des décennies de prix bas. Et aussi par la concurrence déloyale des produits subventionnés des pays du Nord. Un marché des agrocarburants pourrait donc les aider. La FAO voit dans cette évolution une opportunité pour des agriculteurs du Sud. Dans le cas de la première génération, il faut des terres fertiles. Il est sans doute possible de développer de la canne à sucre et du palmier à huile en Afrique, mais il est douteux que les petits paysans en tirent les principaux bénéfices. L'effet bénéfique des agrocarburants me semble surtout de tirer les prix des céréales vers le haut, ce qui redonne un intérêt économique aux cultures de mil ou de sorgho traditionnelles. Par contre, si les agriculteurs africains y trouvent un intérêt, les consommateurs urbains africains subissent la hausse des prix de plein fouet. Le défi est de faire en sorte que les paysans africains répondent à ces prix élevés et puissent réapprovisionner les villes qui ont pris l'habitude de se nourrir de produits importés. La difficulté est énorme, car il y a de nombreux obstacles à lever : infrastructures qui manquent, insécurité foncière, accès aux crédits, accès aux engrais, etc.

Z.Safwan : Quelles solutions préconisez-vous pour éviter une crise alimentaire à l'échelle mondiale?
Il faut distinguer des mesures d'urgence, comme celles prônées par Michel Barnier (ministre français de l'agriculture) ou Gordon Brown (premier ministre britannique), et des mesures de plus long terme. La population mondiale est passée de 2 à 7 milliards d'habitants en un peu plus d'un siècle. Il est clair que se posera un problème de ressources. Pour l'instant, c'est surtout le déséquilibre de pouvoir d'achat qui rend pessimiste, car il est probable qu'on continue à remplir le réservoir des voitures américaines avant de donner à manger à un Sahélien. Les solutions impliquent un changement de l'alimentation dans le sens de moins de protéines animales (il faut beaucoup de kilos de céréales pour produire un kilo de viande, et il serait écologiquement plus sensé de devenir davantage végétariens), mais aussi de ne pas mobiliser trop de surfaces pour les agrocarburants.

bb : Que sont les agrocarburants ? Y a-t-il une différence avec les biocarburants ?
Jean-Christophe Bureau :
Il n'y a pas de différence entre les deux. De plus en plus, on utilise le terme "agro" pour ne pas introduire de confusion avec les produits bio, sachant que les agrocarburants sont de plus en plus critiqués pour leur bilan écologique. Les agrocarburants sont essentiellement des substituts à l'essence : l'éthanol fait à partir de canne à sucre, de blé ou de betterave, et des substituts au diesel : des huiles faites à partir de colza, de soja ou d'huile de palme.

Julien_L. : Quelles céréales contribuent à la production d'agrocarburants ?

Pour les céréales destinées à l'éthanol, c'est surtout le blé, mais on peut en faire avec de l'orge, du seigle, etc.

TOTOVITCH : Peut-on avoir une réponse claire sur le bilan énergétique et environnemental des agrocarburants cultivés en France ? Il semble, en effet, que la seule étude publiée à ce sujet et commandée par l'Ademe soit entachée d'erreurs méthodologiques que l'Ademe aurait reconnues. Qu'en est-il vraiment ?
Il est très difficile de vous donner une réponse claire. Il y a peu d'études complètement indépendantes, et presque tous les chiffres publiés sont influencés par une industrie ou un groupe de pression, que ce soit les pétroliers, les céréaliers ou les betteraviers. J'ai recensé une cinquantaine d'études différentes sur le bilan environnemental, et les chiffres sont incroyablement divergents. L'étude de l'Ademe est parmi celles les plus favorables aux agrocarburants. Il en est d'autres qui trouvent un bilan beaucoup plus négatif en France. Le bilan énergétique (c'est-à-dire le rapport entre l'énergie fossile – le pétrole – économisée et utilisée) de l'éthanol à partir de blé est très médiocre. Le bilan des huiles de colza comme substitut au diesel est un peu meilleur, mais, dans les deux cas, si l'on tient compte des pollutions des eaux et d'autres aspects environnementaux, le bilan en termes d'environnement est très incertain.

bbb : Cultive-t-on déjà en masse ces agrocarburants, ou bien le débat est-il pour l'instant théorique ?
Dans trois pays, on les cultive déjà de manière importante. Il s'agit, en premier lieu, des Etats-Unis : plus de 40 % de la production mondiale (surtout de l'éthanol de maïs, mais de plus en plus du biodiesel). L'autre grand producteur est le Brésil, avec de la production d'éthanol de canne à sucre. Enfin, l'Union européenne est un producteur significatif, surtout l'Allemagne avec du colza pour le diesel.

Moka : Quel lien faites-vous entre le développement des agrocarburants et l'actuelle crise alimentaire ?

Il y a beaucoup de raisons convergentes à la hausse des prix agricoles qui crée cette crise alimentaire : la production d'agrocarburants est l'une d'entre elles, mais elle est très loin d'expliquer la hausse des prix à elle seule. Les principales raisons sont la hausse des prix du pétrole, donc des engrais, la demande des pays émergents pour des céréales, et sans doute, à court terme, de la spéculation. Les agrocarburants n'occupent qu'1 % des terres cultivables au monde, mais sur certains marchés comme le maïs, l'ambitieux programme américain d'éthanol, qui utilise plus d'un quart de la production américaine, contribue significativement à la hausse des prix. Comme on peut utiliser du blé ou du maïs dans l'alimentation animale, cette hausse se propage aux autres céréales.

Thierry : A-t-on évalué l'impact de la généralisation de la production d'agrocarburants sur les prix des produits alimentaires ?
L'INRA (l'Institut national de la recherche agronomique) en France, la FAO (l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), et l'International Food Policy Research Institute sont en train de travailler là-dessus. Il est assez difficile de mesurer la responsabilité des agrocarburants, car on a du mal à estimer la part de la spéculation dans la hausse des prix. Les chiffres préliminaires conduisent à penser que les programmes de biocarburants expliquent 10 à 25 % de la hausse des prix des céréales. C'est un chiffre bien plus faible pour les prix de l'alimentaire au consommateur en France, puisque les produits agricoles représentent en fait une part assez faible du produit fini.

kisifi : Il y a quelques semaines, la Banque mondiale a évoqué des manifestations violentes liées à la flambée des prix alimentaires dans plusieurs pays, dont Madagascar. J'habite Madagascar et je peux certifier que c'est faux, le prix du riz est même inférieur à celui de l'an passé. Est-ce que cette "crise alimentaire" actuelle qui sert d'argument aux opposants aux agrocarburants existe vraiment ?
Je suis à Paris, où la crise est peu visible, mais je ne crois quand même pas au complot. Les prix des céréales ont flambé. Si l'on considère que, il y a quelques années, le prix moyen du blé était de l'ordre de 90 euros la tonne, il est monté à 280 euros et est encore aujourd'hui autour de 190 euros. Cela peut traduire de la spéculation à court terme, mais, plus fondamentalement, une forte demande, et donc une tension sur les marchés. Dans le cas du riz, il faut voir que ce qui est échangé dans le commerce international est une part très faible de la production mondiale (de l'ordre de 7 %). La flambée des prix vient du fait que beaucoup de pays exportateurs ont instauré des interdictions d'exporter ou des taxes à l'exportation. Cela fait donc monter les prix, même si localement une bonne récolte peut les faire baisser. Peut-être est-ce le cas à Madagascar ? Je ne connais pas la situation.

zorg : Vous ne parlez pas de la France ? L'INRA se désintéresse-t-il du marché français ? Pouvez-vous nous préciser les régions françaises intéressées par la production de biocarburant et nous faire entrer dans le concret de notre économie ?
L'INRA travaille surtout sur la recherche, donc sur l'avenir, et ses travaux portent beaucoup sur les agrocarburants de deuxième génération, qui ne seront pas faits avec des céréales, mais avec des produits à fibres (cellulosiques, comme des graminées ou des arbustes). Les régions françaises concernées sont surtout pour l'instant les régions de grandes cultures (céréales et oléagineux), donc des plaines assez fertiles, mais si les agrocarburants de deuxième génération se développent, ils pourraient être cultivés dans des régions à sol plus pauvre, et entrer moins en concurrence avec la production alimentaire. Cependant, la recherche avance lentement, et ils ne seront pas prêts avant plusieurs années, dans des conditions économiques réalistes. Le département d'économie de l'INRA évalue les avantages et les inconvénients des soutiens aux agrocarburants sur un plan économique. Sans vouloir caricaturer, l'INRA a toujours été réservé sur l'intérêt des aides publiques aux agrocarburants, au moins de première génération.

Mateos : Est-ce la production d'agrocarburants elle-même ou les instruments politiques (directives européennes, Energy Act aux Etats-Unis) poussant à la production qui sont en cause ? Les agrocarburants ne se seraient pas développés en Europe et aux Etats-Unis sans des soutiens publics. Par contre, au Brésil, l'éthanol de canne à sucre peut tout à fait se développer sans aide publique. C'est aussi la production qui a le meilleur rendement énergétique. Ce qui est donc mis en cause, ce sont surtout les politiques américaine et européenne d'aide aux agrocarburants. En Europe, des directives européennes fixent des objectifs, mais les soutiens aux agrocarburants sont surtout des subventions et des défiscalisations nationales. La France, par exemple, a des objectifs plus ambitieux que les directives européennes, qui d'ailleurs ne fixent pas des taux obligatoires (ce sont de simples recommandations). Des pays comme la France et l'Allemagne font donc du "zèle".

sam : Même découplés de la production, les paiements directs de la PAC sont-ils une incitation à produire des graines pour les agrocarburants ? N'y a-t-il pas une faille dans la fameuse boîte verte de l'accord agricole de l'OMC ?
On ne peut pas accuser la PAC d'une chose et son contraire. Certains disent justement que ces aides, maintenant "découplées" (qui ne sont plus liées aux quantités produites), sont responsables du fait que l'agriculture européenne produit moins, et donc de la montée des cours mondiaux. C'est la thèse de certains syndicats agricoles français. Je ne crois pas personnellement que cela explique la hausse des prix, mais inversement, ce ne sont pas ces aides de la PAC qui favorisent la production d'agrocarburants. Il y a seulement une petite aide à l'hectare aux agrocarburants que la Commission européenne remet en cause et qui joue assez peu sur la production. Le soutien aux agrocarburants est bien davantage le fait des gouvernements des pays membres.

MESNARD_A_1 : Quelles sont les principales firmes ou groupes qui s'intéressent aux agrocarburants ? Quel est leur intérêt ?
La plupart des usines viennent d'investissements du monde agricole. Par exemple, une grosse usine d'éthanol de blé a été financée par des agriculteurs et un groupe sucrier qui leur appartient. Leur intérêt était de trouver un débouché lorsque les prix des céréales étaient très bas. Depuis, ils ont monté, ce qui pose le problème de la rentabilité de ces usines. Néanmoins, pour la profession agricole, cela peut être utile pour assurer un débouché à prix plus stables dans une période où les cours fluctuent. D'autres acteurs ont investi dans la filière, par exemple des groupes amidonniers, car ils pensent que, à terme, derrière les agrocarburants, il y a des molécules intéressantes pour l'industrie et que les produits agricoles seront une source de matières premières pour la chimie. Il s'agit donc pour beaucoup de maîtriser un processus technologique.

bartouc : Le palmier à huile en Asie du Sud-Est et la canne à sucre au Brésil attirent déjà les spéculateurs. Y a -t-il un remède à cela?

Je pense qu'ils n'attirent pas les spéculateurs, mais les investisseurs. Dans les deux cas, ce sont des plantes qui peuvent produire des agrocarburants à bas coût. Le problème est que, si la canne à sucre au Brésil peut encore s'étendre sans dommage écologique catastrophique, c'est assez rarement le cas du palmier à huile en Asie. D'autre part, on risque le développement de cette culture sur des zones de forêts vierges, aussi bien en Amérique qu'en Afrique.

Suzanne_Berthaut_1 : Notre planète ne serait-elle pas défigurée, spoliée, dévastée par un plan de masse pour les biocarburants ?
Si, on risque une déforestation massive, qui a déjà eu lieu en Indonésie, où la jungle a déjà disparu, qui est en train d'avoir lieu en Malaisie, et risque d'avoir lieu au Brésil et en Colombie. Le seul éclair d'optimisme serait que des agrocarburants de seconde génération puissent pousser sur certaines terres peu fertiles et soient une solution pour améliorer les revenus en Afrique, car on sait que l'on fait davantage attention à l'environnement dans des pays plus riches. C'est une idée que met en avant la FAO, mais certains experts sont critiques, même sur les agrocarburants de deuxième génération, faisant valoir que dès que l'on exporte de la matière organique du sol, on met en danger le sol en question.

FDL : Pourquoi la France tarde ainsi à investir sur les biocarburants de seconde génération ? L'Allemagne a déjà ouvert sa 1re usine ...
A l'heure actuelle, c'est une production qui n'est pas rentable sans subventions. Il me semble donc plus important de mettre l'argent du contribuable dans la recherche plutôt que dans les investissements. Il est trop tôt pour lancer des programmes ambitieux, car la technologie actuelle (qui date en fait des années 1930, ce qu'on appelle la "voie chimique" utilisée dans les usines dont vous parlez) n'est guère prometteuse. La voie la plus prometteuse consisterait à faire dégrader la cellulose par des bactéries (voie biologique). Cette technique progresse, mais est loin d'être opérationnelle, et n'est en tout cas pas viable économiquement. De plus, comme je le disais, même si la deuxième génération permettait de moins entrer en concurrence avec la production alimentaire, elle ne résout pas tous les problèmes. L'exportation de matières organiques, même avec des arbustes (taillis à courte rotation de bouleaux ou de saules) des graminées (switch grass) ou d'autres plantes (miscanthus), nécessitera des apports d'engrais minéraux, avec un impact environnemental sur les sols. La solution qui sera réellement durable sera sans doute une troisième génération à partir d'algues lipidiques. Là, on en est aux tous débuts de la recherche...

zorg : Lorsque je vais dans le Sud-Ouest, je rencontre des agriculteurs qui nous disent : "Utilisez les biocarburants ! Ce sera pour nous une source de revenus qui nous permettra d'assurer la relève du métier par les jeunes agriculteurs..." N'est-ce pas là un projet d'avenir pour nos agriculteurs en besoin de reconversion pour certains ?

C'est très exactement ce pourquoi la France a soutenu un programme d'agrocarburants ambitieux. La première raison était justement d'assurer des débouchés et des revenus à l'agriculture française. Les arguments d'indépendance énergétique et de réduction d'émissions de gaz à effet de serre ont toujours été un peu "pipeau". Le problème est que, depuis, les cours mondiaux se sont envolés, et il n'y a plus de problème de débouchés à court terme. Il faut garder la tête froide : les agrocarburants peuvent sans doute aider le secteur agricole si ses prix mondiaux baissent, et en tout cas pourraient permettre, à mon avis, de réduire les effets de la volatilité des cours pour les agriculteurs qui pourraient contracter une partie de leurs récoltes à prix stables. Ils n'ont donc pas que des inconvénients.

Moz : Si les agrocarburants peuvent se présenter comme une "solution" dans les pays du Nord, dans quelles mesures seraient-ils positifs pour les pays du Sud, notamment l'Afrique? Serait-ce une option viable et bénéfique pour ces populations?
Les agriculteurs des pays du Sud ont été laminés par des décennies de prix bas. Et aussi par la concurrence déloyale des produits subventionnés des pays du Nord. Un marché des agrocarburants pourrait donc les aider. La FAO voit dans cette évolution une opportunité pour des agriculteurs du Sud. Dans le cas de la première génération, il faut des terres fertiles. Il est sans doute possible de développer de la canne à sucre et du palmier à huile en Afrique, mais il est douteux que les petits paysans en tirent les principaux bénéfices. L'effet bénéfique des agrocarburants me semble surtout de tirer les prix des céréales vers le haut, ce qui redonne un intérêt économique aux cultures de mil ou de sorgho traditionnelles. Par contre, si les agriculteurs africains y trouvent un intérêt, les consommateurs urbains africains subissent la hausse des prix de plein fouet. Le défi est de faire en sorte que les paysans africains répondent à ces prix élevés et puissent réapprovisionner les villes qui ont pris l'habitude de se nourrir de produits importés. La difficulté est énorme, car il y a de nombreux obstacles à lever : infrastructures qui manquent, insécurité foncière, accès aux crédits, accès aux engrais, etc.

Z.Safwan : Quelles solutions préconisez-vous pour éviter une crise alimentaire à l'échelle mondiale?
Il faut distinguer des mesures d'urgence, comme celles prônées par Michel Barnier (ministre français de l'agriculture) ou Gordon Brown (premier ministre britannique), et des mesures de plus long terme. La population mondiale est passée de 2 à 7 milliards d'habitants en un peu plus d'un siècle. Il est clair que se posera un problème de ressources. Pour l'instant, c'est surtout le déséquilibre de pouvoir d'achat qui rend pessimiste, car il est probable qu'on continue à remplir le réservoir des voitures américaines avant de donner à manger à un Sahélien. Les solutions impliquent un changement de l'alimentation dans le sens de moins de protéines animales (il faut beaucoup de kilos de céréales pour produire un kilo de viande, et il serait écologiquement plus sensé de devenir davantage végétariens), mais aussi de ne pas mobiliser trop de surfaces pour les agrocarburants.



 

par Site des Chevenementistes publié dans : Ecologie, Energie, Agriculture
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Lundi 28 avril 2008
LE MONDE | 26.04.08 | 14h14  •  Mis à jour le 26.04.08 | 14h14

n est rarement déçu avec la Banque centrale européenne (BCE). Qu'on lui reproche son orthodoxie, et elle prend un malin plaisir à en rajouter, à se lancer dans une surenchère monétariste. On pourrait lui appliquer la formule que Karl-Otto Pöhl avait trouvée à propos de la Bundesbank, qu'il présidait : "La Bundesbank, c'est comme la crème fouettée, plus on la bat, plus elle devient dure."

Alors que de nombreux économistes implorent la BCE de baisser ses taux directeurs pour stimuler une croissance vacillante, plusieurs de ses dirigeants ont évoqué récemment la possibilité d'une hausse pour lutter contre les pressions inflationnistes. "Le grand problème, c'est d'assurer que l'inflation revienne sous les 2 % l'année prochaine", a déclaré, mardi 22 avril, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France. "Nous ferons ce qu'il faudra pour ça, (...) s'il le faut, nous bougerons les taux d'intérêt. Pour l'instant nous maintenons les taux d'intérêt à 4 % parce que ça nous paraît le niveau approprié", a-t-il poursuivi.

MOULINS À VENT

Yves Mersch, gouverneur de la banque centrale du Luxembourg, s'est montré plus précis encore. Prié de dire si la BCE réfléchissait à une hausse des taux d'intérêt, il a répondu : "Cette question est tout à fait justifiée. Il y a des questions que nous devons nous poser chaque mois." "Je suis surpris que nombre d'analystes de marché envisagent encore une possibilité qui n'est en aucune manière requise dans le contexte actuel, c'est-à-dire une baisse des taux, a-t-il ajouté. Je demande qu'on s'intéresse aux mêmes faits que ceux que nous examinons."

Faut-il prendre ce jusqu'au-boutisme monétaire pour une simple provocation ? Pas sûr. D'abord parce que la BCE est imprégnée de la culture monétaire allemande, viscéralement attachée à la stabilité des prix. Surtout, la BCE se sent d'autant plus légitime à mener sa croisade anti-inflationniste qu'elle sait pouvoir bénéficier, une fois n'est pas coutume, du soutien de l'opinion publique.

La lutte pour le pouvoir d'achat est aujourd'hui la priorité des citoyens européens, bien plus que la défense de l'emploi. Pendant des années, la BCE avait donné l'impression de se battre contre des moulins à vent en disant lutter contre une inflation dont on ne décelait plus aucune trace. Avec la flambée des prix de l'énergie et des denrées alimentaires, elle s'offre à la fois une belle revanche idéologique et une popularité inespérée.

Les marchés financiers n'ont en tout cas pas pris les propos de MM. Noyer et Mersch à la légère. Mardi, l'euro a franchi, pour la première fois de son histoire, la barre de 1,60 dollar. Avant de retomber pour finir la semaine à 1,5611 dollar. Car aux Etats-Unis, la donne monétaire est en train de changer. Le taux des fonds fédéraux de la banque centrale américaine (Fed) a été ramené en huit mois de 5,25 % à 2,25 %. Les économistes s'attendent encore à une nouvelle réduction, à 2 %, mardi 29 avril, mais ils sont de plus en plus nombreux à penser que ce mouvement sera le dernier. Avec des taux réels négatifs de 2 %, il devient difficile à la Fed d'ouvrir davantage les vannes du crédit sans faire courir d'énormes risques inflationnistes.

ACCIDENTS BANCAIRES

La Réserve fédérale (Fed) arrive au bout de la logique qui a été la sienne depuis le début de la crise des subprimes. Pour éviter que ne se répète la catastrophe économique de 1929 - avec son chômage de masse qui a représenté aux Etats-Unis un traumatisme aussi grand que l'hyperinflation en Allemagne -, la Fed a été aussi loin dans la souplesse monétaire que la BCE l'a été dans la rigidité.

Laisser entendre que le cycle de baisse des taux touche à sa fin, ce serait aussi pour la Fed une façon d'envoyer un signal rassurant à la communauté financière internationale. Un moyen de dire qu'à ses yeux le plus gros de la crise des subprimes est passé, même si de nouveaux accidents bancaires sont sinon certains, du moins très probables.

Une Fed moins laxiste qu'elle ne l'a été, une BCE moins intégriste qu'elle ne le proclame, voilà qui changerait aussi le paysage pour le dollar. La banque Goldman Sachs a l'air d'y croire : selon elle, l'euro pourrait prochainement se replier jusqu'à 1,53 dollar.


Pierre-Antoine Delhommais
par Site des Chevenementistes publié dans : Europe International
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Vendredi 18 avril 2008
    Un contenu et un chemin pour la création d'un grand parti de toute la gauche

Au cours du dernier conseil national, Jean Pierre Chevènement nous a transmis un texte d'orientation. Il vous sera soumis au cours de la prochaine assemblée générale.


    Le texte en question  est une proposition de mise à jour du discours de Vincennes , texte fondateur dèfinissant les orientations du MRC depuis 2002.

Il prend en compte l'évolution de la situation mondiale ainsi que l'évolution politique de notre société.
   
    L'idée principale qui est la base du projet qui nous est soumis part de la constatation que "les français veulent voter pour le grand parti de gauche.
A partir de là, pour nos idées, il n'y a qu'une voie possible: non pas rejoindre le parti socialiste comme cela a été mal compris mais  adhérer à un e confédération des forces de gauche, qui permettrait , au delà des étiquettes artificielles, des regroupements en fonction des idées.
Pour Jean Pierre, il s'agit ainsi, à l'image du CERES, de réunir dans un courant tout ceux qui partagent une certiane idée de la France et surtout , de la République.
Evidemment, et c'est là , la limite de l'exercice, un tel projet nécessite que le parti socialiste accepte l'idée d'une telle confédération lors de son congrès en Novembre.
L'enjeu  est important: il s'agit ni plus ni moins que de la survie de la République Française.

    Car il est à craindre que l'évolution vers un bipartisme PS UMP ne se traduise par une désaffectation totale des français vis à vis des élections. Un scénario en quelque sorte à l'américaine où moins de 30% des électeurs choisissent en fait leurs représentatnts.
Cette crainte est d'autant plus forte qu'au vu des réactions perçues dans les départements au cours des dernières élections, il semblerait que nombre de cadres du parti socialiste (les élus de premier plan local qui ne se voient pas d'avenir national), semblent se satisfaire de l'effet d'essuie-glace droite/gauche qui, depuis la création du quinquennat, donne au premier la victoire aux élections nationales , et assurent aussi aux seconds (c'est à dire eux mêmes) la victoires aux élections locales!!!

    Dans les jours qui suivront vous seront résumées sur ce blog  les principales idées de ce texte d'orientation.

Votre délégué au conseil national

Loic Bureau
par Site des Chevenementistes
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Jeudi 17 avril 2008
Subir les lois du marché et en tirer profit...

Le 15 avril 2008, Le Monde titrait saluait les nouveaux bénéfices de la SNCFprivatisée par ce titre:: "Subir les lois du marché et savoir en tirer profit".
Pour le quotidien libéral français, cette nouvelle indiquait clairement la voie à suivre: le modèle allemand du tout  libéral

"La dérégulation a pour effet de réorganiser fortement les entreprises : c'est un bouleversement structurel, avec des modalités différentes pour chaque activité. Mais l'abandon du monopole et des protections est aussi celui des contraintes de spécialisation sur un territoire et sur un métier : les géants enchaînés sont ainsi déchaînés: c'est une libération des énergies pour réaliser le potentiel de ces entreprises".

RFF mis dans l'incapacité d'exercer ses missions

Mais le lendemain, dans le même quotidien, un autre article illustre de manière bien différente la réalité du tout libéral.
En effet, en 1997, la privatisation de la SNCF n'avait pas été totale:la réforme du système ferroviaire français avait  aussi abouti à la création d'une structure publique, le Réseau ferré de France (RFF).
qui s'était  vue confier non seulement la propriété du réseau, mais surtout la dette de la SNCF, estimée à 20 milliards d'euros.

Cette structure, ruinée dès sa création par ses dettes, a de plus du suivre les injonctions de l'état lui demandant d'ouvrir de nouvelles lignes à grandes vitesses   au détriment de l'entretien du réseau.: ainsi Près de la moitié des 30 000 kilomètres de voies seraient dans un état "médiocre", voire parfois pire. Ces voies qui ne supportent que 6 % du trafic sont les moins entretenues. Selon le rapport, une partie de ces lignes pourraient sans doute être fermées.

on privatise les bénéfices mais on nationalise les pertes!

Et bien évidemment, que propose la cour des comptes à l'Etat français? de racheter la dette de la SNCF,  non pardon de RFF (...), soit 27, 5 milliards d'euros.

Comme d'habitude, dans le paradis libéral, on privatise les bénéfices mais on nationalise les pertes!

La logique comptable voudrait que RFF, pour rentabiliser son activité, augmente les péages perçus pour l'utilisation de ses voies.

Oui mais cela risquerait de faire baisser les bénéfices des entreprises ferroviaires, et surtout de la SCNF.

CQFD

par Site des Chevenementistes
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Jeudi 17 avril 2008
LEMONDE.FR avec AFP | 16.04.08 | 12h08  •  Mis à jour le 16.04.08 | 12h10

e record d'inflation enregistré dans la zone euro en mars a été revu en légère hausse, à 3,6 % sur un an selon une deuxième estimation publiée mercredi 16 avril par l'office européen des statistiques Eurostat.

Dans sa première estimation publiée fin mars, Eurostat avait estimé la hausse des prix à 3,5 %, ce qui constituait déjà un record après 3,3 % en février et 3,2 % en janvier. Les économistes tablaient sur une confirmation du chiffre de 3,5 % pour le mois de mars, selon le consensus établi par l'agence financière Thomson Financial.

Ce taux de 3,6 % est très au-dessus de la limite tolérée par la Banque centrale européenne, dont l'objectif à moyen terme est une inflation en zone euro proche mais en dessous de 2 %. C'est le septième mois consécutif que l'inflation en zone euro dépasse le seuil de 2 %.

Contrairement à la Réserve fédérale américaine, qui a baissé à plusieurs reprises son taux directeur pour soutenir la croissance, la BCE maintient pour l'instant son propre taux inchangé à 4 %, avançant justement l'argument des risques de dérapage de l'inflation, renforcés encore par ce nouveau record.

EFFET DES PRIX DE L'ÉNERGIE ET DE L'ALIMENTATION

A titre de comparaison, il y a un an, l'inflation en zone euro était de seulement 1,9 %. Mais elle a flambé depuis quelques mois, dopée par l'envolée des prix du pétrole. Mardi, les prix du pétrole ont établi de nouveaux records à New York (114,08 dollars le baril) et à Londres (112,08 dollars).

La hausse des prix alimentaires a aussi renforcé les pressions inflationnistes. Dans le détail, en mars, les carburants pour le transport, les combustibles liquides, le lait, le fromage et les oeufs, ainsi que les pains et les céréales ont eu les plus forts impacts à la hausse sur le taux global d'inflation, souligne Eurostat.

par Site des Chevenementistes
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Jeudi 17 avril 2008
LE MONDE | 16.04.08 | 09h03  •  Mis à jour le 16.04.08 | 12h11

'est un décret de quelques lignes qui est, jusqu'alors, passé inaperçu. Sous une apparence technique, ce texte modifie les règles de calcul des allocations familiales, l'un des symboles de la politique familiale française depuis leur création, dans les années 1930. "L'âge à partir duquel les enfants ouvrent droit à la majoration des allocations familiales est fixé à quatorze ans", précise le décret. Ce nouveau dispositif, qui concerne plus de 4,5 millions de familles de deux enfants et plus, entrera en vigueur le 1er mai : il devrait permettre à la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF) de réaliser 138 millions d'économies par an.

Aujourd'hui, le montant des allocations familiales augmente au fil de l'âge des enfants. Lorsque l'un d'eux fête son onzième anniversaire, la famille touche une majoration de près de 34 euros, lorsqu'il atteint l'âge de seize ans, la majoration passe à 60 euros. Ce système de double "bonus" permet de donner un coup de pouce aux familles dont les enfants entrent dans l'adolescence, un âge où les dépenses consacrées aux études, à l'habillement et aux loisirs ont tendance à s'alourdir.
 
UNE PERTE DE 600 EUROS PAR ENFANT

A partir du 1er mai, ces règles seront modifiées : désormais, une seule majoration de 60 euros interviendra à l'âge de quatorze ans. Cette mesure entraînera automatiquement une baisse des allocations familiales : au total, sur l'ensemble des versements accordés entre le onzième et le dix-huitième anniversaire, les familles perdront près de 600 euros par enfant. Les prestations versées au cours de ces sept années d'adolescence s'élèvent aujourd'hui à 3 475 euros : elles passeront à l'avenir à 2 890 euros.

Cette mesure d'économie a suscité la "vive insatisfaction" du conseil d'administration de la CNAF, qui a rendu, le 5 février, un avis défavorable à cette mesure : 21 des 24 administrateurs ont voté contre le projet de décret. Ces décisions "s'intègrent dans un contexte de perte de pouvoir d'achat s'aggravant pour les familles", soulignaient-ils alors dans un communiqué. "L'application de cette mesure est incompatible avec la politique familiale dynamique, volontaire et concertée que nous appelons de nos vœux", concluaient-ils.

La CGT regrette aujourd'hui ce nouveau "coup" infligé au pouvoir d'achat des familles, la CFE-CGC critique ce "recul des prestations familiales, qui sont déjà insuffisantes", et l'Union des familles en Europe juge cette économie "inacceptable". "Cette baisse des allocations familiales ne sera pas forcément très visible car elle sera étalée dans le temps mais ellereprésente, au final, une somme importante, regrette François Fondard, le président de l'Union nationale des associations familiales (UNAF). Il n'est pas bon, par les temps qui courent, d'imposer une nouvelle perte de pouvoir d'achat aux familles." Anne Chemin

 


Anne Chemin
par Site des Chevenementistes publié dans : Sécurité Sociale
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Samedi 12 avril 2008
Dépêche AFP, jeudi 10 avril 2008, 16h52.

Chevènement exclut un «retour» au PS, veut un grand parti de toute la gauche
Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a affirmé jeudi qu'il excluait un "retour" au PS mais souhaitait la création d'"un grand parti de toute la gauche" avant 2010, pour "gagner" la présidentielle de 2012.

"J'exclus le retour au Parti socialiste, mais je n'exclus pas la participation du MRC dans un grand Congrès de refondation de toute la gauche avec ceux qui voudront venir", a dit l'ancien ministre sur France 24.

Il a invité notamment les communistes à se joindre à cette démarche, estimant qu'ils pourront "mieux employer leur énergie dans un grand parti de toute la gauche que dans un parti devenu à certains égards résiduels".

Ce grand parti devrait se préparer, selon lui, par "des forums de l'unité ou peut-être des assises". Il s'agit "avant 2010 au plus tard" de créer cet "électrochoc" et "cet élan qui permettra de gagner en 2012".

Il a regretté que le PS soit "déchiré aujourd'hui par des querelles de personnes". "L'effort d'élaboration du projet doit prendre le pas sur la concurrence des égos", a-t-il dit.

Proche de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle, l'ancien ministre a critiqué la récente "consultation participative" lancée par l'ex-candidate: "Je souhaite qu'elle sorte de la phase participative où elle est à nouveau entrée, pour faire une politique de l'offre et dire très clairement aux Français où elle veut les conduire".

M. Chevènement a confirmé qu'il allait "prendre en main la direction effective" de son parti à son Congrès de juin qui devrait avaliser la nouvelle stratégie. Le Parti socialiste, de son côté, s'était déclaré d'accord pour une "accélération du travail commun à gauche".
par Site des Chevenementistes publié dans : Elections
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