Subir les lois du marché et en tirer profit...
Le 15 avril 2008, Le Monde titrait saluait les nouveaux bénéfices de la SNCFprivatisée par ce titre:: "Subir les lois du marché et savoir en
tirer profit".
Pour le quotidien libéral français, cette nouvelle indiquait clairement la voie à suivre: le modèle allemand du tout libéral
"La dérégulation a pour effet de réorganiser fortement les entreprises : c'est un bouleversement structurel, avec des modalités différentes pour chaque activité. Mais l'abandon du monopole et
des protections est aussi celui des contraintes de spécialisation sur un territoire et sur un métier : les géants enchaînés sont ainsi déchaînés: c'est une libération des énergies pour réaliser
le potentiel de ces entreprises".
RFF mis dans l'incapacité d'exercer ses missions
Mais le lendemain, dans le même quotidien, un autre article illustre de manière bien différente la réalité du tout libéral.
En effet, en 1997, la privatisation de la SNCF n'avait pas été totale:la réforme du système ferroviaire français avait aussi abouti à la création d'une structure publique, le Réseau ferré
de France (RFF). qui s'était vue confier non seulement la propriété du réseau, mais
surtout la dette de la SNCF, estimée à 20 milliards d'euros.
Cette structure, ruinée dès sa création par ses dettes, a de plus du suivre les injonctions de l'état lui demandant d'ouvrir de nouvelles
lignes à grandes vitesses au détriment de l'entretien du réseau.: ainsi Près de la moitié des 30 000 kilomètres de voies seraient dans un état "médiocre", voire parfois
pire. Ces voies qui ne supportent que 6 % du trafic sont les moins entretenues. Selon le rapport, une partie de ces lignes pourraient sans doute être fermées.
on privatise les bénéfices mais on nationalise les pertes!
Et bien évidemment, que propose la cour des comptes à l'Etat français? de racheter la dette de la SNCF, non pardon de RFF (...), soit
27, 5 milliards d'euros.
Comme d'habitude, dans le paradis libéral, on privatise les bénéfices mais on nationalise les pertes!
La logique comptable voudrait que RFF, pour rentabiliser son activité, augmente les péages perçus pour l'utilisation de ses
voies.
Oui mais cela risquerait de faire baisser les bénéfices des entreprises ferroviaires, et surtout de la SCNF.
CQFD