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Vendredi 5 Septembre au Dimanche 7 Octobre 2008:
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Nos amis de la Gauche

Samedi 15 novembre 2008

Par Site des Chevenementistes
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Lundi 24 novembre 2008

"Les résultats n'ont pas été retenus"


                   Toutes sortes de pratiques, plus ou moins connues et parfois à la portée exagérée, sont désormais étalées au grand jour. Les techniques sont connues depuis longtemps pour «bourrer» les urnes. Tout d'abord, faire voter les absents. Le vote par procuration n'est pas autorisé au PS. Mais si le contrôle de la carte d'identité n'est pas exercé, tout est possible. «On signe à la place des gens, mais ça se fait à la fin de la journée», explique un «observateur». Autre possibilité, plus simple : modifier le procès-verbal une fois qu'il a été transmis à la fédération ! Ce qui permet, notamment, d'«ajuster» le résultat en fonction de la tendance nationale. Pour expliquer que les résultats d'une fédération sont au-dessus de tout soupçon, il existe une expression à Solferino : «Les résultats n'ont pas été retenus». Comprendre : ils ont été transmis tels quels et immédiatement au siège du PS. Ils n'ont pas pu être «ajustés». D'ailleurs, la direction du parti avait stipulé dans l'une de ses circulaires que les résultats devaient être transmis «avant une heure du matin»…

 


Système clientéliste

                     Dernière possibilité, qui a longtemps eu cours : modifier le taux de participation. En gonflant artificiellement le nombre de votants, on donne un avantage en voix à la candidature ou à la motion arrivée en tête. Ce qui permet de compenser de moins bons résultats ailleurs. Ou inversement. Dès le 6 novembre, lors du vote sur les motions, le député européen Benoît Hamon pestait dans son coin : «Sans le résultat dans les grandes fédérations, je serais à plus de 20 %.» C'est vrai que dans le Nord, le Pas-de-Calais ou les Bouches-du-Rhône, bref les départements qui comptent beaucoup, sa motion a obtenu de moins bons résultats qu'ailleurs.


                   «Il n'y a plus beaucoup d'endroits où l'on triche», assurait, avant le congrès, le maire de Dijon François Rebsamen, ex-numéro deux du parti. En 2000, il avait mené une vaste opération de clarification dans les Bouches-du-Rhône qui avait conduit à diviser par deux le nombre d'adhérents officiels dans cette fédération longtemps contrôlée par des partisans de Laurent Fabius. Mais il reste quelques cas particuliers. La fédération du Pas-de-Calais fait ainsi coexister deux cartes d'adhérents : l'une nationale, l'autre fédérale.


                 Sans parler de triche, certaines fédérations prennent soin, avant toute chose, de contrôler la composition de leur section. Dans les Bouches-du-Rhône, une section qui avait voté Delanoë lors du scrutin sur les motions a été dissoute avant le premier tour du vote du premier secrétaire. Ailleurs, des militants sont découragés d'adhérer. Ou alors, ils sont absorbés dans un système clientéliste, embauchés par une municipalité ou un conseil général.


                Un proche de Benoît Hamon, amer, essaie d'en plaisanter en racontant les difficultés que son courant rencontre en voulant s'implanter dans certaines fédérations : «On crée de l'emploi !» De tout cela, il vaut mieux en rire, sans doute.

Par Site des Chevenementistes
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Lundi 24 novembre 2008

oël Batteux, maire de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), a décidé, dimanche 23 novembre, de se mettre en congé du Parti socialiste. "Cela ne signifie pas une démission mais un refus de participer à la mascarade organisée par quelques responsables", a-t-il indiqué dans un communiqué, lundi 24 novembre. Vice-président du conseil régional des Pays de la Loire, il dit "déplorer le spectacle donné par quelques leaders nationaux du Parti socialiste à la suite du congrès de Reims".
"C'est lamentable. J'ai honte. Au moment où le Parti socialiste se déchire en deux sur une position libérale, ma présence au PS ne sert plus à grand-chose à gauche. (...) Entre Ségolène Royal et Martine Aubry, il n'y a pas un poil de différence", a déclaré dimanche à l'AFP l'élu qui a adhéré au PS en 1974. "Sarkozy lui-même a compris qu'il fallait remettre l'Etat, les pouvoirs publics au centre du jeu. Les socialistes le disent moins fort que [lui], c'est quand même un comble", a-t-il affirmé.

Interrogé sur les solutions qu'il envisage pour sortir de la crise, M. Batteux, proche des idées de Jean-Pierre Chevènement, préconise de "demander à Benoît Hamon de mettre un peu d'eau dans son vin et de prendre la direction du parti". "Hamon représente la nouvelle génération ancrée à gauche, ça me paraîtrait une bonne solution", a-t-il dit.

Par Site des Chevenementistes
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Lundi 27 avril 2009
Nantes, le 27 avril 2009

Les signataires : Le Parti Socialiste de Loire-Atlantique (PS) - Le Parti
Communiste de Loire-Atlantique (PCF) - Les Verts de Loire-Atlantique –
L’Union Démocratique Bretonne (UDB) - Le Parti Radical de Gauche
de Loire-Atlantique (PRG) – Le Mouvement Républicain et Citoyen de
Loire-Atlantique (MRC) - Les Alternatifs de Loire-Atlantique – Le Parti
de Gauche (PG) de Loire-Atlantique - Gauche Unitaire de Loire-
Atlantique.

Ensemble, les partis de gauche de Loire-Atlantique soutiennent et
appellent à la participation de toutes et tous aux manifestations
organisées le 1er mai à l’occasion de la fête des travailleurs pour
que cette journée soit porteuse de résistance à la politique du
gouvernement, d’espoir pour les salariés et de changement de cap
politique pour les Français.

Nous l’affirmons : la France connaît une crise sociale grave dont les
principales victimes sont les salariés, les précaires et les chômeurs. Elle
créée une désespérance pour les Français qui subissent une dégradation
de leur qualité de vie avec un pouvoir d’achat qui baisse, une
augmentation du chômage et de la précarité accentués par les vagues
actuelles de licenciements et de suppressions d’emplois, dans le privé
comme dans le public.

L’importance des mobilisations sociales des 29 janvier et 19 mars dernier
a témoigné d’un rejet massif des choix politiques du gouvernement
Sarkozy-Fillon et confirmé l’exigence d’un « bouclier social » à l’opposé du
« bouclier fiscal » pour les plus riches, et de mesures en faveur de l’emploi
et des salaires à l’opposé des choix du gouvernement qui distribue sans
contrepartie sociale des milliards aux banques et aux grands groupes. De
plus, pour lutter contre le chômage et le désespoir des jeunes, le
Président ressort les mêmes recettes qui ont toujours échoué. Depuis 30
ans, on ne cesse d’accorder contrats aidés, primes et baisses des charges
aux entreprises qui embaucheraient des jeunes. Nicolas Sarkozy ne fait
aucune rupture avec cette politique qui échoue systématiquement et
laisse les jeunes dans la précarité et la dépendance.

En rejetant les revendications formulées à l’occasion de ces manifestations
par les organisations syndicales et sociales, Nicolas Sarkozy et son
gouvernement démontrent leur incapacité à comprendre l’angoisse des
Français et l’ampleur de la crise économique et sociale qui concerne tout
le pays.

C’est pourquoi, nous appelons à un front commun contre la politique de la
Droite et du MEDEF qui réponde aux difficultés, aux inquiétudes et aux
attentes des salariés.

Nous proposons qu’une politique nouvelle soit mise en place autour des
choix de justice et de solidarité qui répondent aux inquiétudes et
redonnent espoir aux salariés et aux Français : défense des emplois et
lutte contre la précarité du travail dans les secteurs privé et public ;
augmentation des salaires, des minimas sociaux et des pensions de
retraite ; défense et développement des services et de l’emploi
publics (éducation, santé, etc.) ; réorientation des richesses vers le
développement de productions et de services susceptibles d'engager notre
pays dans un mode de développement fondé sur la satisfaction des
besoins sociaux dans le respect des équilibres écologiques et territoriaux.
Nous réaffirmons notre attachement à un droit du travail protecteur des
salariés et à un syndicalisme fort et respecté, nécessaire à la
transformation sociale. Nous dénonçons les atteintes aux libertés qui
visent à museler la contestation sociale et à entraver le travail des
organisations syndicales.

Comme nous l’avons fait lors des précédentes mobilisations sociales, nous
appelons à la réussite d'un 1er mai 2009 historique. C’est pourquoi, nous
serons aux côtés des organisations syndicales et des salariés pour
amplifier cette mobilisation populaire afin d’obtenir les changements de
cap politiques nécessaires.
Par Site des Chevenementistes
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Lundi 18 mai 2009

(photo : James Byrum - Flickr - cc)

«L'Hebdo des socialistes» accusé de censure

Jacques Sapir a accordé une interview au journal interne du PS. Mais l’entretien est passé à la trappe : l’économiste aurait eu le malheur de s’écarter de la ligne d'un parti dont il n'est pas adhérent…



Il parait que les think tanks et, plus généralement, la consultation des intellectuels est à la mode au PS. Mais il reste quelques progrès à faire pour un véritable débat ! Qu'on en juge plutôt : l’économiste Jacques Sapir accuse de censure le journal du PS dans un long communiqué. Au cours d’un entretien accordé à L’Hebdo des socialistes,  il a eu le malheur de ne pas être en accord avec la ligne du parti à la rose.


De quoi remonter notre homme : « A la question qui me fut posée sur la possibilité de faire passer une directive européenne harmonisant les conditions sociales et rendant ainsi impossible le « dumping » social et salarial, j’ai eu le tort de répondre avec ma franchise habituelle (…) que je tenais une telle proposition pour une illusion, au mieux, et au pire une hypocrisie. (…) C’est alors que mon interlocutrice me coupe la parole pour me dire qu’il était impossible de passer dans son journal une telle réponse. Elle était certes prête à conserver la première partie de mon interview, mais en aucun cas elle ne publierait la seconde, car elle était contradictoire avec la position du PS. Quand je lui fis remarquer que, n’étant pas militant ni sympathisant de ce parti, je pouvais avoir les positions qu’il me plaisait d’avoir ce qu’elle n’était pas sans ignorer au début de l’interview, elle me répondit qu’elle n’était point là pour faire de l’information mais de la communication. (…) Je passe les détails de la – grosse – colère qui me saisit et qui ne m’a point quitté et je mis fin à l’entretien en disant que soit, elle passait la totalité de mes propos soit elle n’en passerait aucun. Ce qu’elle fit, en me disant que jamais ses “supérieurs” ne sauraient les accepter. »


Contactée, la rédaction de L’Hebdo des socialistes confirme bien que l’interview de Jacques Sapir ne passera pas. Mais pas pour les raisons invoquées par l’économiste : « C’est juste un changement de programme. Ça arrive souvent que des “trucs” sautent. On est en pleine campagne européenne et finalement on a décidé de mettre en valeur un autre sujet que le dumping social. » Et lequel ? « On ne sait pas. Ça n’a pas encore été validé… »


Cet article est tiré de Marianne2, édition du 8 Mai 2009

Auteur: Gérald Andrieu
Par Site des Chevenementistes
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Dimanche 13 septembre 2009
Dépêche AFP, 5 septembre 2009, 14h25.

Chevènement (MRC) prêt à discuter avec Bayrou et la gauche "sans exclusive"
Le président du Mouvement républicain et citoyen (MRC) Jean-Pierre Chevènement s'est déclaré prêt, samedi à Toulouse, à discuter avec le président du MoDem François Bayrou et avec la gauche "sans exclusive" d'un "projet républicain pour répondre à la crise".

"François Bayrou a déclaré vouloir tendre la main à la gauche. Ma réaction est qu'il ne faut pas manifester de sectarisme, il faut discuter du fond, et particulièrement de l'Europe avec M. Bayrou", a déclaré à l'AFP M. Chevènement, en marge de l'université d'été du MRC, ce week-end à Toulouse.

"M. Bayrou a voté pour la constitution européenne. Nous, nous disons à regrets: l'Europe telle qu'elle se présente aujourd'hui n'est pas la solution, elle est le problème. Il faut la remettre sur ses pieds. C'est de cela que nous sommes prêts à discuter avec M. Bayrou, et avec l'ensemble de la gauche sans exclusive", a-t-il dit.

François Bayrou a approuvé la main tendue de son parti à la gauche vendredi, lors de sa rentrée politique à l'occasion de l'ouverture de l'université d'été de son parti à la Grande-Motte (Hérault).
"Pour remettre la République sur ses pieds, pour faire triompher le politique par rapport à la logique des marchés financiers, nous avons besoin de tout le monde, de M. Bayrou mais du NPA aussi, plus exactement de l'ensemble des électeurs qui se reconnaissent dans la démarche des formations de gauche ou alternatives au sens large", a estimé M. Chevènement.

"On s'interroge sur la gauche, ses perspectives. Nous évoquons un projet républicain, non seulement pour la France mais pour l'Europe, pour sortir l'humanité toute entière de la crise actuelle. Il faut le faire gagner avec tous ceux qui peuvent le soutenir", a-t-il poursuivi.

Le MRC "pèsera" sur les prochaines présidentielles. "Nous avons un réseau d'élus, des sympathisants, nous avons une réflexion, une qualité d'écoute dans le pays qui peuvent nous permettre de contribuer positivement à une issue progressiste pour la France", a affirmé M. Chevènement.

L'université d'été du MRC est consacrée à "la désuétude du modèle social démocrate et à l'actualité du modèle républicain face à la crise".

M. Chevènement prononcera le discours de clôture dimanche, après un débat sur la "mort du modèle social-libéral", auquel participeront Jean-François Kahn (MoDem) et les socialistes Arnaud M
ontebourg et Paul Quilès.
Par Site des Chevenementistes
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Dimanche 13 septembre 2009
Chevènement pour une « rupture », samedi 5 septembre 2009, propos recueillis par Jean-Pierre Bédéï.
Le MRC tient son université d'été à Toulouse ce week-end. Jean-Pierre Chevènement fait le point sur la rentrée politique à gauche.

Le MRC et les primaires?

Jean-Pierre Chevènement : S'il s'agit de désigner le candidat socialiste, le MRC n'en sera pas. S'il est question de choisir ensemble le candidat de la gauche, nous y participerons. Dans ce cas, il faudra que les partis de gauche puissent approuver une charte d'orientation politique, et que des millions de sympathisants puissent s'exprimer. Quoiqu'il arrive, le MRC pèsera en 2012.


Les socialistes ne donnent ils pas un barre à gauche?

Les socialistes me semblent enfermés dans l'horizon du social-libéralisme. Ils n'imaginent pas ce qu'on pourrait faire pour rompre avec la domination des marchés financiers qu'ils ont contribué à installer dans les années quatre-vingt. Il faut qu'il y ait, comme au congrès d'Epinay, une rupture avec la pratique antérieure.

Le MRC et les Verts

Il y a beaucoup de complaisance à leur égard et de Cohn-Bendit en particulier. Leur score aux européennes est surfait. Les commentateurs oublient toujours qu'il y a eu 60% d'abstentions, et que les écologistes, s'ils ont réalisé 16% des exprimés, n'ont totalisé que 6,3% des inscrits. Le PS, aussi bien que Sarkozy leur font la cour par opportunisme. Les problèmes de fond ne sont pas traités.

Votre projet républicain est-il adapté aux temps actuels ?
Clemenceau disait déjà que la République est une idée toujours neuve. C'est encore vrai aujourd'hui. Les propositions que nous faisons dans l'ordre national et international sont cohérentes : planification de la transition énergétique, réindustrialisation du pays à partir d'un grand ministère de l'Industrie et de la Recherche, nationalisation des banques au prorata des concours apportés par l'Etat, réglementation des marchés financiers. La priorité est à la politique. Nous en appelons aux citoyens. Il faut une refondation républicaine de la gauche.
Par Site des Chevenementistes
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Lundi 28 septembre 2009

Pour Jean-Pierre Chevènement, la gauche ne devrait pas s'interdire de discuter avec Bayrou, ou saluer trop vite les victoires des Verts. Au lieu de courir après des alliances improbables, la gauche devrait travailler sur ses fondamentaux.



Jean-Pierre Chevènement (photo: dmonniaux - Flickr - cc)

Marianne : Vous avez rencontré en tête à tête François Bayrou, que la direction du PS persiste à tenir à distance...
Jean-Pierre Chevènement : François Bayrou a déclaré vouloir tendre la main à la gauche et il a demandé à me voir. Il n’y a pas de raison de refuser de débattre sur le fond avec le président d’une formation qui est alliée au PS dans nombre de régions et de municipalités ! Un refus de dialogue dans ces conditions démontrerait un sectarisme qui est la plaie de notre vie politique.

Vous ne lui demandez donc pas, comme Martine Aubry, de donner des preuves d’évolution à gauche ?
J.-P.C. : Son évolution, qui l’éloigne de la droite, obéit à une logique politique. François Bayrou mène un combat courageux. Il est ostracisé par la droite. Il demande à débattre du fond. Ayons confiance en la force de nos idées : allons-y !

Vous participeriez donc au « Parlement de l’alternance » proposé par Bayrou ?
J.-P.C. : Il y a deux ans, le MRC avait proposé des assises de la gauche pour la refondation républicaine d’un parti de toute la gauche. Il faut débattre du fond, et cela sans sectarisme : pourquoi donc ne pas réunir, à cet effet, un « Parlement de l’alternance », y compris avec François Bayrou ? L’important, c’est de sortir la gauche du bourbier dans lequel elle s’est enfoncée, faute d’avoir su tirer les leçons de ses échecs depuis 1993. Et, pour ce faire, il est plus efficace de travailler sur le fond que d’attendre une quelconque repentance de ceux qui ont cédé aux sirènes du néolibéralisme.

C’est-à-dire ?
J.-P.C. :
Il faut commencer par analyser la crise actuelle de la mondialisation financière. Comprendre à la fois la déflation salariale exercée par les pays à très bas coût salarial et saisir cette dimension politique si rarement évoquée. Le système de la globalisation financière fonctionne sur la base de la domination politique des Etats-Unis et d’une monnaie mondiale qui est le dollar. Le rapport de forces mondial a changé et va encore changer avec la montée de la Chine. Nous sommes pris en étau. La « moralisation du système » ne suffit pas. Le problème est politique : il faut remettre en cause un libre-échangisme destructeur et la suprématie du dollar dans le système monétaire international.

Le volontarisme de Nicolas Sarkozy, y compris sur le terrain industriel, ne vous satisfait pas ?
J.-P.C. :
Je ne fais pas de l’antisarkozysme systématique, mais je constate que malgré quelques initiatives utiles, concernant Alstom, par exemple, il n’y a pas de véritable politique industrielle pour lutter contre la délocalisation de nos industries. Il n’y a d’ailleurs plus de ministère de l’Industrie ! Idem avec la régulation financière. Le système bancaire n’a pas été assaini. Après les avoir renfloués, on reprend les mêmes et on recommence.

Vous auriez souhaité qu’on nationalise les banques ?
J.-P.C. : Et pourquoi pas, au cas par cas ? On aurait ainsi favorisé l’accès au crédit, notamment des PME, toujours en souffrance. Il ne faut pas en rester au verbe comme le fait Nicolas Sarkozy quand il reçoit les banquiers. Les nationalisations et la planification ne sont pas des « gros mots ». J’observe d’ailleurs que Paul Krugman recommande le retour à la planification, dans le domaine énergétique par exemple.

Sur les questions énergétiques, vous êtes toujours en désaccord avec les verts ?
J.-P.C. : J’ai un désaccord philosophique fondamental avec les verts. Ils pensent, comme Malthus, que le monde est trop petit pour l’homme. Or, les prophéties de Malthus au début du XIXe siècle se sont révélées fausses. Je crois en la raison de l’homme, en ses capacités d’invention et de créativité. Je n’ai pas d’hostilité de principe vis-à-vis des écologistes. Ils ont quelquefois de bonnes idées. Comme ministre de la Recherche et de l’Industrie, j’ai créé l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) en 1982, l’ancêtre de l’Ademe actuelle, car il y a à faire pour promouvoir les économies d’énergie. Je me situe dans l’héritage rationaliste des Lumières, je combats l’obscurantisme et la technophobie.

Vous leur reprochez de négliger la question sociale ?
J.-P.C. : La préoccupation de l’emploi et du développement économique leur échappe. Par ailleurs, on n’a pas le droit d’interdire le développement aux pays du Sud. C’est pourquoi il faut changer notre modèle de développement. La taxe carbone, sur le principe, je suis pour. Mais cet impôt écologique ne doit pas devenir une taxe antisociale. Il faut donc intégrer cette taxe dans une réforme fiscale plus vaste et plus juste.

Aujourd’hui, vous avez l’impression de subir la domination de l’idéologie écologiste ?
J.-P.C. : Elle est dans l’air du temps, c’est vrai. Mais, depuis vingt-cinq ans, j’ai plutôt eu l’impression de subir – et avec quelle force – la pression de l’idéologie libérale. La mode écolo actuelle, favorisée par M. Sarkozy, ne permettra pas de s’en défaire, bien au contraire. Les commentateurs ont surestimé le résultat des verts aux élections européennes où ils n’ont, somme toute, recueilli que 6,3 % des votes des électeurs inscrits... Le gouvernement par perversité et le PS par bêtise ont créé une vaste bulle médiatique autour de Daniel Cohn-Bendit, une bulle telle qu’aucun autre responsable politique n’en a jamais bénéficié ! C’est une vache sacrée. Je m’agenouille... Mais, malgré les efforts de M. Sarkozy pour souffler dans les bronches des écologistes, il est probable, selon moi, que cette bulle se dégonflera aux élections régionales.

A gauche, certains pensent que vos idées ont fait leur temps. Quel rôle pensez-vous encore pouvoir jouer dans la reconstruction de l’opposition ?
J.-P.C. : S’agissant de Mme Duflot, je dois être un peu moins jeune qu’elle, ça, c’est vrai. Mais de là à dire qu’elle incarnerait le neuf et moi le vieux... Je laisse ça aux « communicants ». Comme d’autres avant moi : Clemenceau, Mendès France, je considère la République comme « une idée toujours neuve ». Je définis mes positions à l’aune de l’intérêt public. Ils ne sont pas nombreux à le faire dans ce qu’on appelle – expression que j’abhorre – la « classe politique » ! Si porter haut l’exigence républicaine dans tous les domaines est ringard, je revendique la palme de la ringardise !

Propos recueillis par Renaud Dély et Nicolas Domenach

Jean-Pierre Chevènement est président du mouvement républicain et citoyen.
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