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Republique Nation

Mercredi 6 septembre 2006
    Critiqué par la presse américaine et une partie de la presse européenne au moment des émeutes des banlieues d'automne 2005 , le modèle français d'intégration est réhabilité par une enquête publiée par le Pew Research Center, l'un des instituts d'opinion les plus réputés des Etats-Unis.

    Selon cette enquête, réalisée au printemps auprès de musulmans de quatre pays européens (France, Royaume Uni, Allemagne et Espagne) et dont les résultats complets ont été publiés le 17 août, les musulmans de France n'ont pas de leçons d'intégration à recevoir de leurs voisins européens.


La tolérance:
     Sur la question de l'antisémitisme, 71% des français musulmans ont une bonne opinion des juifs  autour de 30% pour les autres musulmans européens. De même, les français musulmans ont une meilleure opinion des chrétiens (91%) que les autres (de 70 à 80%).

L'intégration à la Nation

    78% des musulmans français souhaitent adopter les traditions nationales contre 41% en Angleterre et 30% en Allemagne.

     Un français musulman sur deux se considèrent d'abord citoyen de leur nation avant d'être musulman contre  13% des musulmans allemands, 7% des britanniques et 3% des espagnols!

    Cette étude contredit les tenants de la fumeuse thèse de la "guerre des civilisations" ainsi que ceux qui de l'extrème droite à l'extrême gauche n'ont de cesse de nier la force du modèle républicain français et d'en condamner les défenseurs.

    Cette enquête démontre aussi que si les émeutes des banlieues de 2005 témoignaient d'un malaise, il ne s'agissait pas avant tout d'un problème d'intégration mais d'un problème économique et social.

L'intégration au monde du travail


    Ainsi,    84% des français musulmans souffrent de problemes d'emplois, des chiffres finalement très proches de leurs voisins (au mieux , 78% des britanniques).

    Le chômage semble être le premier facteur de désagrégation sociale, et la nation , le premier facteur d'intégration.
Par Loic Bureau
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Mercredi 13 décembre 2006
Décentralisation: les transferts de compétences ont accru les déséquilibres entre les collectivités

a décentralisation suscite un rejet croissant dans l'opinion. Selon un sondage Ipsos publié dans La Gazette des communes, 45 % des Français jugent aujourd'hui qu'elle est allée trop loin, 31 % estimant qu'elle a atteint un niveau suffisant et 18 % qu'elle n'est pas allée assez loin. En trois ans, la défiance a ainsi progressé de 20 points. Pour un tiers (32 %) des personnes qui se prononcent en faveur d'un repli ou d'une pause dans la décentralisation, le risque qu'elle n'entraîne des inégalités entre les territoires arrive en tête des préoccupations, devant l'augmentation des impôts locaux (26 %)

Le rapport rendu public jeudi 14 décembre par la commission des finances de l'Assemblée nationale, présenté par Marc Laffineur (UMP, Maine-et-Loire) et Augustin Bonrepaux (PS, Ariège), tend à démontrer que ces craintes sont fondées. Il en ressort en effet, à partir d'un bilan détaillé des compétences transférées, un creusement des disparités d'une collectivité à l'autre. "Les handicaps se cumulent et plusieurs départements ou régions tendent à être perdants sur plusieurs transferts à la fois, en dépit de l'équilibre à l'échelle du pays, indiquent les rapporteurs. D'où la nécessité d'inventer de nouvelles formes de péréquation."

Le nombre d'allocataires du RMI-RMA peut varier de 8,1 pour mille habitants, dans l'Ain et la Mayenne, à 38,2 pour mille en Seine-Saint-Denis. Sur les 39 départements au-dessus de la moyenne nationale (17,2 pour mille), 17 ont enregistré une augmentation du nombre d'allocataires de plus de 10 % entre 2004 et 2006. Les inégalités sont tout aussi manifestes en ce qui concerne l'aide personnalisée à l'autonomie (APA), le fonds de solidarité pour le logement (FSL) ou les dépenses liées à l'aménagement (voirie, transports ferroviaires.

FISCALITÉ EN HAUSSE

Les départements les plus pénalisés sont ceux ayant à supporter les plus fortes dépenses sociales. Les rapporteurs plaident pour des mesures de péréquation "afin d'éviter que l'impact très inégal de cette charge sur les finances départementales ne conduise à creuser des écarts excessifs entre les collectivités".

A l'inverse, le rapport parlementaire souligne que, entre 2000 et 2005, les droits de mutation (DMTO) perçus par les départements ont enregistré une progression de 79 % (de 3,643 à 6,530 milliards en cinq ans). Une forte hausse due à la flambée des prix de l'immobilier. Mais cette progression est elle aussi inégalement répartie, les principaux bénéficiaires n'étant pas ceux qui ont à supporter les plus fortes dépenses sociales.

Dès lors, estiment les rapporteurs, "la poursuite de l'acte II de la décentralisation suppose la création d'un ou plusieurs outils de péréquation entre les ressources dont disposent les collectivités". Ils souhaitent notamment qu'une réflexion soit engagée sur "un mécanisme d'écrêtement des produits des droits de mutation".

Le rapport constate toutefois que, si les dépenses des collectivités s'alourdissent en raison des transferts de compétences, l'augmentation des recettes est supérieure à celle des dépenses. Grâce à une politique fiscale haussière, elles ont ainsi pu dégager "une épargne de gestion substantielle". En 2005, l'autofinancement des départements a progressé de 13,3 %, celui des régions de 15 %.

Les uns et les autres prévoient, en 2006, une reprise sensible de leurs dépenses de gestion du fait, notamment, de la progression des dépenses de personnels liées à la mise en oeuvre de nouveaux transferts. "Face à la rigidité à la hausse de certaines dépenses, les collectivités ne sont pas rassurées par le dynamisme et l'adaptation des recettes transférées", conclut le rapport parlementaire, qui s'inscrit en faux contre le procès en "gaspi" fait aux collectivités.

FINANCEMENTS

RMI-RMA. En 2004, les dépenses des départements se sont élevées à 5,396 milliards d'euros. Elles ont atteint 5,850 milliards en 2005 et 2, 476 milliards pour les cinq premiers mois de 2006, alors que pour la même période les ressources transférées se montaient à 2,059 milliards.

AIDE PERSONNALISÉE À L'AUTONOMIE. Les dépenses des départements représentaient 1,855 milliard d'euros en 2002 (couvertes à 43 % par le concours de l'Etat), 3,205 milliards en 2003 (couvertes à 41,3 %), 3,591 milliards en 2004 (couvertes à 37,3 %)

Par LE MONDE | 13.12.06 | 15h51
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Vendredi 23 mars 2007

« JE NE VEUX PAS que le 22 avril ressemble au 21 avril. » D'emblée, hier soir au Dôme de Marseille, devant plus de 6 000 personnes massées dans la salle, sans compter celles qui l'écoutaient dehors dans le mistral, Ségolène Royal a sonné le tocsin. « J'ai senti gronder la colère des Français, j'ai senti que le doute à l'égard de la politique ne s'était pas apaisé, j'ai entendu ceux qui s'imaginent encore que la politique n'est qu'une suite de promesses non tenues », a-t-elle expliqué à la foule, en lui annonçant qu'elle voulait lui « parler avec gravité ».

Une gravité qui a culminé à la fin du meeting. Royal, qui venait de terminer son discours par un « vive la République, vive la France », est revenue au micro avant que la sono n'envoie la Marseillaise, pour défendre l'hymne national. « Pas de malentendu, dit-elle, la Marseillaise, c'est le chant de la lutte contre toutes les forces de la tyrannie. C'est le chant que Louise Michel faisait chanter à ses élèves tous les matins et tous les soirs, et, à chaque fois, elle ne pouvait s'empêcher de pleurer. Ne faisons pas de contresens. Ce n'est ni un chant sanguinaire, ni un chant xénophobe. C'est le chant de ceux qui risquent leur vie pour la liberté. » Celui « du message universel de la France qui est, plus que jamais, d'actualité », explique-t-elle, tranquillement mais fermement, avant d'inviter, avec succès, la salle à chanter en choeur. Ce qu'elle fera par deux fois, avec enthousiasme. Et, grande première pour elle, Royal sort de la salle en fendant la foule.

 « La politique, nous devons la réinventer  »

 « L'heure de vérité a sonné », a estimé Ségolène Royal, qui a appelé à un combat « projet contre projet ». Et, à deux reprises, alors que le public se mettait à huer au moment où elle évoquait l'action de la droite et de Nicolas Sarkozy, elle lui a demandé de s'arrêter : « Pas de « ouh ! », dans nos réunions publiques, parce que les Français attendent un débat sur le fond et je veux que nous en donnions l'exemple parce que la crise est trop vive pour qu'on accepte de dévoyer le débat politique. »

 Mais, dit-elle, ceux qui ont participé au gouvernement sortant « ne peuvent pas incarner la France neuve » parce que « la première règle de la morale politique, c'est d'assumer ses actes ». « J'ai entendu les deux candidats de droite », c'est-à-dire, pour elle, Nicolas Sarkozy et François Bayrou, « se moquer de vos débats participatifs et des jurys citoyens. Je leur dis : la politique, nous devons la réinventer ensemble ». « C'est pourquoi, affirme-t-elle, nous ferons la VIRépublique, pas pour le plaisir de mettre un numéro, mais tout simplement pour refonder le lien entre les Français et ceux qui les gouvernent. » Et elle promet qu'« à tous les échelons, il y aura des jurys citoyens ».

 

Répondant directement à Nicolas Sarkozy, et à sa proposition de ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, la candidate, qui a reçu le soutien d'Edmonde Charles-Roux, la veuve de Gaston Deferre, et aussi de l'ex-Vert Stéphane Pocrain, a affirmé que « l'identité nationale, ça n'est pas de demander des comptes pour savoir d'où l'on vient, mais de savoir où l'on veut aller ensemble ». « Nous allons aller ensemble vers une France qui va reprendre confiance en elle », a-t-elle promis.

Par Le Monde
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Mardi 3 avril 2007
Le matraquage d'image a commencé.

Celles de la gare du nord mettant en scène des "brutes basanées qui cassent tout" viennent fort opportunément compenser les images désastreuses du pouvoir qui emprisonne les directrices d'école et pourchasse les grands pères dans la rue à coup de lacrymos.

A sa manière subliminale, à peine énoncée mais vite absorbée par le téléspectateur, on devine aussi le lien avec le débat poisseux de la semaine passée sur le ministère de l'immigration et de l'identité nationale proposé par Sarkozy. C'est pourquoi je voudrais prendre le temps de revenir sur un épisode récent à propos de la réplique de Ségolène Royal à Marseille, si stupidement brocardée.

Il s'est dit beaucoup de choses de toutes sortes concernant le drapeau et la Marseillaise après ce discours. Je ne suis pas neutre sur le sujet. Je dois dire honnêtement que je n'ai de problèmes ni avec l'hymne ni avec le drapeau. Et pour me situer plus clairement encore, j'avoue que je ne compte plus le nombre de fois ou j'ai chanté dans les circonstances officielles où il est pourtant de bon ton de rester muet quand on joue l'hymne national. Par exemple, pendant l'hommage national pour Lucie Aubrac aux Invalides, représentant le Président du Sénat , je la chantais. Mais pas mon voisin sous la pluie, monsieur Sarkozy. N'est-ce pas étrange? On demande aux joueurs de foot de chanter la Marseillaise dans un stade avant un match mais cette exigence ne s'applique pas aux ministres au cours d'un hommage national devant le cercueil d'une résistante dans la cour des Invalides ?

IL FALLAIT REPONDRE!

Je veux dire plus. J'adhère totalement à ce qu'a dit Ségolène Royal à propos de la Marseillaise.

A gauche nous avons trop longtemps assimilé aux seuls Versaillais l'hymne tandis qu'il est pour le reste du monde un chant de liberté et de rébellion indissolublement lié à l'histoire des révolutions populaires. Il ne s'agit pas ici de commentaire musicologique. Il s'agit de dire et définir à cette occasion en quoi consiste notre vision de la France.

Cependant je comprends très bien la nature du trouble qui a été créé. Moi aussi, j'aurais été très mal à l'aise si ce qu'elle en avait dit avait été la course poursuite derrière Sarkozy que les esprits superficiels ont voulu voir. Mais elle a dit le contraire de lui ! Dès lors, j'affirme qu'il n'y a rien de plus normal, légitime et nécessaire venant de quelqu'un qui est candidate pour être présidente de la République que de répliquer à la définition de la Nation et de l'identité nationale donnée par Sarkozy à l'occasion de sa proposition d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Je juge positif et utile qu'elle y ait répondu. Son silence aurait posé problème.

Elle a eu raison de s'exprimer !

Les citoyens vont aussi trancher ce débat : ou bien la vision ouverte et universaliste de l'identité républicaine des français que décrit Ségolène Royal après tous les socialistes français ou bien l'identité nationale ethniciste que postule Sarkozy dans la tradition maurassienne de la droite classique.

Elle a bien fait de reprendre la balle au bond et d'assumer le débat. Par contre en réduisant la question posée et les réponses données à la misérable " question du drapeau ", nombre de commentateurs se sont montrés particulièrement malveillants et nuisibles à l'exigence que suppose ce débat compte tenu de sa portée. Surtout ils sont parvenus à faire un amalgame entre deux positions pourtant antinomiques.

Un beau rideau de fumé! Son seul résultat est de dédouaner l'affreuse proposition de monsieur Sarkozy.

J'invite donc chacun à prendre le temps de la réflexion et de la lecture du discours de Ségolène Royal avant de se livrer à d'outrageantes simplifications. Et pour commencer, comme d'habitude, il faut d'abord définir clairement quel est le sujet réel de la discussion: le discours de Ségolène où sa simplification médiatique.

Je note que l'industrie du spectacle et de l'information prenant comme d'habitude les gens pour des animaux a mis en scène la discussion sur le drapeau car tout le reste de ce que disait le discours de Ségolène Royal sur l'identité nationale était sans doute " beaucoup trop compliqué coco c'est pas de l'actu c'est de la philo, faut faire simple et concret " !

Suivant la règle bien connue du frelon médiatique, ce qui était un extrait devient l'essentiel qui bourdonne autour de vos oreilles et contre quoi vous ne pouvez rien sinon gesticuler sans qu'on comprenne pourquoi vu de loin.

Selon cette façon de faire, Ségolène Royal aurait proposé le drapeau pour tout programme. Une fois cette idiotie lâchée, tout le monde embraye car il de l'intérêt de beaucoup de faire semblant que tel soit bien le sujet...

Et là-dessus la machine à commenter se met à tourner toute seule.

Hypocritement, chacun commente non ce qu'elle a dit mais ce qui s'en dit. Arrive les grands esprits qui prennent des pauses raisonnables.

Ainsi de monsieur Bayrou, champion du monde des leçons de morale.

Lui accuse monsieur Sarkozy et madame Royal de " courir derrière Le Pen " et même de " faire son jeu ". Tel quel.

Peut lui importe que le contenu de la définition de l'identité nationale que donne Ségolène Royal soit l'exact inverse de celle qu'en donne Le Pen. Cette rouerie est à l'image de ce qu'est en général le tour d'illusionniste de monsieur Bayrou sur pratiquement tous les sujets.

Mais dans cette circonstance, je veux vous en donner un exemple particulièrement odieux. Pourquoi n'a t il pas été relevé ? La capacité d'indignation médiatique s'arrêterait elle au pied de monsieur Bayrou iconisé tout vif.

Voici ce que monsieur Bayrou a pu dire sans que rien ne lui soit répliqué, juste après avoir fielleusement dénoncé ceux qui seraient des "obsédés de l'identité nationale" et qui feraient "le jeu de Le Pen".

LES ACCOUCHEES SONT DES FRAUDEUSES

Monsieur Bayrou a déclaré: "Je suis favorable à ce que la nationalité française ne soit plus automatique, dès l'instant qu'en Guyane ou à Mayotte, on est venu seulement pour accoucher sur le territoire national" (23 mars 2007 à la Réunion) Prenez un instant pour réfléchir au sens de cette phrase, à l'image qu'elle porte en elle.

Inhumaine, injurieuse, vulgaire et machiste cette vision de la femme étrangère qui vient sournoisement pondre son oeuf par effraction dans le nid des autres.

Je pourrais m'en tenir là. Je pourrais me contenter de coller juste aussitôt après les dizaines de citations de Le Pen faites avec les mêmes mots pour dire la même chose infâme. Mais cela ne suffira pas à situer le degré du scandale qu'est cette phrase là, dans la bouche de cet homme là.

Car elle porte une information fausse, que le parlementaire Bayrou ne peut ignorer compte tenu des débats qui ont eu lieu dans les deux chambres à ce sujet.

Et à 7 reprises depuis 1986 et les premières lois Pasqua sur le code de la nationalité! Au minimum, par respect pour ses propres votes personnels, toujours favorables aux propositions de monsieur Pasqua et de ses successeurs de droite , monsieur Bayrou devrait au moins faire semblant de penser que ce qu'il a voté contre le droit du sol avait un sens. Monsieur Bayrou ment car il sait que la nationalité française n'est pas du tout automatique du moment où on est né en France. Et cela depuis les lois qu'il a lui-même voté!

Notre pays connaît le double droit du sol (est Français à la naissance l'enfant d'un étranger lui-même né en France).

Cela suppose donc deux générations nées sur place. Le cas précis de celui qui naît parce que sa mère s'est sournoisement faufilée dans l'océan indien ou à travers la forêt guyanaise pour le mettre au monde chez les français est simple : il n'a aucun droit automatique à la nationalité française ! Celle -ci ne lui pas accessible avant l'age de treize ans (avec l'accord des parents) ou de 16 ans (sans cette autorisation).

Il ne suffit donc pas d'accoucher pour que tout soit dit. Il faut attendre treize ans au minimum! Et à ces conditions d'âge s'en ajoutent d'autres liées notamment à la durée du séjour sur le territoire français.. C'est dans ce contexte que se situe la phrase de monsieur Bayrou répété sur toutes les ondes et médias sans commentaires ni mise au point. C'est ignoble quand on connaît les conditions dans lesquelles s'opère l'immigration des Comores vers Mayotte.

Des dizaines de barques incertaines y pourvoient contre fortune dans l'océan indien dont les passeurs sont connus pour jeter à la mer et aux requins leur passagers à la première difficulté, sans faire de différence entre les femmes enceintes ou pas !

Ce qu'a dit monsieur Bayrou n'a donc aucune réalité.

Il s'agit seulement de relancer une grossière polémique déjà allumée et entretenue il y a quelques mois quand des illuminés avaient proposé de faire des tests génétiques pour vérifier l'origine des mahorais présents sur l'île de la Réunion !

C'est dans ce contexte qu'il a pensé trouver de l'efficacité électorale avec un racolage xénophobe!

Et le tout, bien sur,avec des mines de bedaud pour débiter ses reproches à Ségolène Royal et en l'invitant à se montrer "raisonnable".

Avec cette phrase dont vous mesurez dorénavant le stupéfiant culot de manipulateur : "Il y a des forces politiques ou des personnalités politiques qui font de ces sujets une exploitation. Quand ils sont en panne de voix, ils vont agiter ces sujets, ils vont se servir de ça comme d'un tisonnier pour faire repartir des flammes mal éteintes".

Jean-Luc Mélenchon

Par JJ Mélenchon
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Lundi 24 septembre 2007
La gauche au service de la France

    Le Parti socialiste a été longtemps, et presque par nature, un parti d'opposition. Il a fallu les institutions de la Ve République pour qu'il devienne un parti de gouvernement, et François Mitterrand pour inscrire son action dans la durée. Durer, toutefois, n'est pas un projet. L'Europe à laquelle a été sacrifiée, en 1983, la perspective sur laquelle était fondé le parti d'Epinay nous a inscrits dans le mouvement de la "globalisation" sans nous permettre de l'infléchir. Le peuple français a dit non à cette Europe-là, le 29 mai 2005.

    La perspective "fédéraliste", illusoire en fait dès le départ, a désormais fait long feu. L'Europe est constituée d'une trentaine de nations qui ne veulent pas disparaître et le font savoir. Quant au rêve d'une Europe qui serait une "plus grande France", il n'a pas résisté à la réalité des élargissements successifs. L'Europe est et restera une coopérative de nations dont, avec d'autres, nous pourrons essayer de faire évoluer le contenu. En tout état de cause, la France, elle, restera.

    Je ne pense donc pas que ce soit par inadvertance que François Hollande, dans son discours de La Rochelle, a assigné comme tâche aux socialistes de se mettre "au service de la France". Depuis deux décennies, en effet, il a manqué au Parti socialiste un projet pour la France, ambitieux et crédible à la fois. Là est la raison de l'échec de la gauche aux trois dernières élections présidentielles.

    Il faudra bien entendu inscrire ce projet dans une géopolitique européenne et mondiale. Comment rester les alliés des Etats-Unis sans pour autant devenir leurs vassaux ? Et si nous devons chercher à créer avec l'Allemagne une véritable solidarité de destin, cela ne signifie pas que nous devions toujours lui emboîter le pas, et encore moins sacrifier notre modèle au sien. Celui-ci n'est pas sans mérite, mais la République ne se résume pas à la subsidiarité.

    Dans l'Europe à vingt-sept, la France n'est pas structurellement majoritaire. Elle doit nouer des alliances avec les grands comme avec les petits pays européens, et renforcer ses partenariats avec de grandes puissances comme la Russie, le Brésil, l'Inde, la Chine et, même si ce n'est pas aujourd'hui à la mode, en créer demain avec la Turquie et l'Iran. La France enfin doit rester fidèle à sa vocation méditerranéenne et africaine. C'est ainsi et non en nous alignant sur la politique de George W. Bush qu'une gauche républicaine pourra donner à la France les marges de liberté qu'aujourd'hui elle a perdues ou est en train de perdre.

    La gauche doit d'autant plus élaborer un projet pour la France que Nicolas Sarkozy, ayant affiché vis-à-vis des électeurs un très fort volontarisme politique, va se trouver confronté à une impuissance de fait, à laquelle il n'est d'ailleurs pas étranger. Le traité dit "simplifié" va encore la renforcer : euro de plus en plus surévalué dont il n'a pas obtenu, dans cette négociation bâclée, qu'il soit l'affaire des gouvernements ; politique commerciale négociée entre MM. Mandelson et Lamy ; politique budgétaire sous surveillance de la Commission, surenchérissant sur les dispositions du pacte de stabilité de 1997 ; politique industrielle, enfin, à la merci des oukases de Nelly Kroes, commissaire à la concurrence. Si libéral qu'il soit, le nouveau président de la République va trouver très vite, en Europe, plus libéral que lui.

    Une critique sans principe serait, pour la gauche, une erreur. La gauche doit se définir non par rapport à Nicolas Sarkozy, mais par rapport à un projet pour la France. Et celui-ci doit s'appuyer sur la critique de la "globalisation" en prenant, bien sûr, tous les moyens de l'infléchir. Si le socialisme en effet s'est toujours défini d'abord comme une critique du capitalisme, nous sommes dans la réalité, et c'est pour la modeler que la gauche peut légitimement vouloir revenir au gouvernement. Elle ne doit pas d'abord compter sur les échecs de la droite. Une fraction non négligeable de l'électorat attend d'elle mieux qu'une alternance : une vision alternative.

    Il faut constater malheureusement que le Parti socialiste né à Epinay a aujourd'hui épuisé sa force propulsive. Non que les objectifs de départ aient perdu de leur pertinence : rassembler la gauche et reconquérir les couches populaires. Mais le monde a changé. Avec l'URSS, le communisme s'est effondré. Confronté au triomphe du néoconservatisme libéral, le Parti socialiste lui-même est déboussolé. Pour retrouver sa crédibilité, la gauche doit prendre un nouveau départ.

    Pour cela, la gauche doit d'abord surmonter ses divisions et d'abord peut-être ses sectarismes et ses querelles personnelles. Mettre tout le monde autour d'une table. Ce peut être le rôle des Assises de la gauche que de préparer un congrès de refondation de toute la gauche. Priorité au cadre : une nouvelle structure est nécessaire pour accueillir l'élan des générations nouvelles. Comme l'a observé avec justesse François Hollande : "Dans une ville, dans un département, nous avons besoin de toutes les cultures de la gauche : communiste... radicale... républicaine... écologiste." Il me semble qu'un tel parti doit se fonder sans trop d'a priori. De même que l'UMP a su rassembler toutes les familles de la droite, de même un grand parti de toute la gauche doit fédérer toutes ses sensibilités.

    Sans doute il faudra au départ un choix européen qui reconnaisse le rôle des nations, et d'abord de la nôtre, et une vision des règles de la mondialisation que nous voulons infléchir. Mais il faudra surtout laisser un espace au débat. Celui-ci est nécessaire. Pourtant, on ne peut vouloir le clore avant d'avoir créé le cadre où il prendra son sens vis-à-vis du pays. Aujourd'hui, les querelles internes du Parti socialiste sont rebutantes. Priorité donc au rassemblement et à l'organisation du grand parti dont la gauche a besoin pour que l'alternance, si possible, puisse intervenir en 2012. L'idée de vouloir créer deux partis à gauche, l'un social-libéral, l'autre révolutionnaire, empêcherait la fécondation mutuelle des idées et nuirait aussi bien à la dynamique qu'au sens de la responsabilité dont la gauche a également besoin. Chaque parti actuel de la gauche apportera son meilleur au parti futur. Le Parti communiste, en particulier, doit savoir clore une histoire qui, à certains moments, a eu sa grandeur. Le repli sur l'esprit de boutique signifierait seulement la résignation à voir le libéralisme dominer la gauche elle-même, comme la tentation s'en exprime ouvertement.

    La gauche est à reconquérir. Elle n'a rien à gagner à courir après le centre, sinon à se rendre inaudible. Elle doit d'abord savoir où elle habite. Le temps est compté. Pour désigner en 2010 un candidat qui soit en mesure de l'emporter en 2012 sur un projet qui parle à la France, c'est en 2008 que doit se tenir le Congrès de la refondation républicaine. Sinon, ce sera, encore une fois, la défaite.

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Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen
Tribune de Jean-Pierre Chevènement parue dans Le Monde, édition du 22 septembre 2007
Par Jean Pierre Chevènement
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Mardi 25 septembre 2007

Deux hommes apparemment très différents  

Pour le physique, ce n'est pas cela. On ne compare jamais Sarkozy à Giscard. Pas le même milieu social ni les mêmes parcours scolaire ou politique. Giscard est un polytechnicien-énarque, un haut fonctionnaire à la française, impérieux et conceptuel ; Sarkozy est un avocat d'affaires qui « fait des deals ».

Deux présidents "people" à l'américaine

Et pourtant. Avec Louis Napoléon Bonaparte, ils sont les deux plus jeunes présidents de la République de l'Histoire. Cela crée des liens. Un style. Sarkozy court ou pédale quand Giscard skiait ou jouait au tennis. Giscard abandonne le smoking pour descendre à pied les Champs-Élysées. Sarkozy choisit un photographe people pour la photo officielle de président. Ç'aurait pu être l'inverse. Giscard reçoit les éboueurs à l'Élysée ; Sarkozy, un enfant noir traité de « bamboula » par son prof. Ç'aurait pu être l'inverse. Giscard a décentralisé en province des Conseils des ministres. Sarkozy aussi. Giscard a nommé les premières femmes d'un gouvernement de la Ve. Sarkozy a appliqué une parité presque parfaite. On appelait le premier VGE, le second, Sarko. L'ère des sigles et des abréviations. De la décontraction. À l'américaine.

Giscard se fit photographier avec ses quatre enfants. On se souvient du petit Louis sous le bureau du ministre de l'Intérieur, ou des images glamour de la famille recomposée de Sarkozy lors de la passation des pouvoirs. Le mythe Kennedy hante les deux hommes. Giscard se baigne dans une piscine avec Gerald Ford, et Sarkozy mange des hot dogs avec George Bush. Modernité, télévision, Amérique, triptyque magique.

Deux hyper-présidents qui ont séduit la gauche libérale européiste et atlantiste

Giscard voulut transformer la Ve République en un vrai régime présidentiel. À l'américaine. Il rendit inutile son premier ministre : Jacques Chirac. Le poussant finalement à claquer la porte. Giscard inventa « l'ouverture » : « la décrispation ».

    Déjà, il rêvait d'une « démocratie moderne », divisée entre républicains et démocrates, d'accord sur l'essentiel, qui pourraient travailler ensemble. À l'époque, il séduisit les centristes antigaullistes (Lecanuet, mais aussi JJSS, Françoise Giroud, jusqu'au radical de gauche, Robert Fabre). S'il avait gagné en 1981, il comptait tendre la main aux amis de Michel Rocard. Sarkozy achèvera son oeuvre, piochant dans les effectifs souvent brillants de la deuxième gauche : Jouyet, Kouchner, Besson, Bockel. La gauche américaine, disait Chevènement dans les années 1970.

    Une gauche libérale, girondine. Qui préfère le contrat à la loi. Raymond Soubie, déjà conseiller de Barre, est revenu à la manoeuvre sociale sous Sarkozy. Une gauche européiste et atlantiste aussi. Sarkozy a tout de suite ressuscité la Constitution Giscard recalée par le référendum. Pour les symboles de l'État européen, disparus du minitraité, Sarkozy s'en charge, comme le drapeau étoilé sur la photo officielle, ou le défilé des armées européennes sur les Champs-Élysées. L'atlantisme est surtout exprimé par ses ministres : Hervé Morin annonce le retour de la France dans l'OTAN ; Bernard Kouchner menace l'Iran d'une guerre.

Deux hommes  sans cohérence politiquequi tournent le dos aux Suds

Enfin, Sarkozy, comme Giscard, a compris qu'à l'ère de la mondialisation chaque peuple se sent menacé dans son « identité nationale ». Un mot qu'utilisait déjà Giscard quand les gaullistes préféraient souveraineté ou indépendance. Un Giscard qui a prophétisé à la fin des années 1980 l'« invasion » venue des pays pauvres.

À étudier les difficultés et les contradictions du septennat giscardien, on devine et pressent ce qui risque de pourrir le quinquennat de Sarkozy. Sur le plan intérieur, à la politique de relance de Chirac, succéda la « rigueur » de Barre. La présidentialisation du régime encouragea les critiques contre le monarque Giscard ; l'interventionnisme giscardien ne permit jamais au premier ministre de jouer vraiment son rôle de fusible ; l'impopularité de Barre ne protégea pas le président. 

Sur le plan extérieur, les gaullistes dénoncèrent « le parti de l'étranger ». On est encore loin de cette violence. Mais, lorsque, rédigeant un rapport sur la France dans la mondialisation, Hubert Védrine brocarde la « sainte alliance » occidentale, il exaspère l'aile droits-de-l'hommiste et occidentaliste du sarkozisme.

En Europe, Sarkozy doit affronter les contradictions - décuplées par l'élargissement à 27 - que commençait à rencontrer Giscard : quand on accélère la construction européenne, qu'on étend les domaines jetés dans la fournaise des compétences communautaires, on s'aperçoit que la France est souvent isolée en Europe.

 Politique économique, Banque centrale européenne, euro fort, protectionnisme, politique industrielle, les positions de la France exprimées haut et fort par Sarkozy horripilent la plupart de nos partenaires.

Deux hommes qui ne furent pas réélus

Pendant sa campagne électorale, ce «souverainisme éclairé» bonapartiste et gaulliste lui a attiré de nombreux suffrages populaires, arrachés de haute lutte au FN, un simple groupuscule dans les années 1970. Grâce à ce choix audacieux, Sarkozy a quasiment retrouvé le score de Giscard au premier tour de 1974 (32 %).

Mais Valéry Giscard d'Estaing ne fut pas réélu.

Par Eric Zemmour
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Vendredi 28 septembre 2007
    Depuis quelques semaines, les Bretons se sont découverts nantis d’un avantage en nature et, pour certains, en espèces, dénommé Breizh Touch.

    La Breizh Touch, présentée par la presse sur le mode exalté, a d’abord laissé ceux qui l’évoquaient légèrement perplexes : fallait-il dire braisetouche, breill’z’touch’, braÿztoutch, brézteutch, breÿc’htaoutch, brèysstatch, brèzteuch ? Breizh, autrement dit Bretagne en breton surunifié, désormais devenu officiel.
    En effet, en 1941, sur ordre du dignitaire nazi en charge des affaires bretonnes, l’orthographe du breton, déjà unifiée à l’exception de celle du dialecte vannetais, a été surunifiée, le mot Breizh étant le symbole même de cette surunification, le «zh» signifiant que l’on prononce Breih en vannetais et Breiz ailleurs.
    Pour les bretonnants de naissance, le mot Breizh, accolé au mot touch, du verbe touchañ, conduire les bestiaux, était énigmatique, mais au diable les hésitations : une fois compris que le mot Bretagne, sous la forme Breizh, uni à un vocable anglo-américain, se change en label commercialisable, tout devient clair.
    Et, pour ceux qui peineraient encore à comprendre, en tout petits caractères, au bas d’une affiche montrant une tour Eiffel saucissonnée de manière à ressembler à un phare breton (le célèbre phare du label «produit en Bretagne»), se trouve la traduction : Breizh Touch = esprit Bretagne.
   
La Breizh Touch, brassant bagadou, cyber-fest-noz (au pluriel: cyberioù-festoù-noz), Breizh-en-Seine avec en prime océan-high-tech, expo-Breizh-numérique et Breizh-parade retransmise dimanche prochain par TF1 en direct des Champs-Elysées, va donc déferler : trois mille sonneurs sonnants défilant en bagadou comme les formations paramilitaires dont ils sont issus - «une panzerdivision, la musique en plus», pour reprendre les termes de Jean-Pierre Pichard, le président du Festival interceltique de Lorient (1).
    C’est lui qui a eu l’idée de cette manifestation paroxystique de la celte attitude unissant Bretons, Irlandais, Gallois et autres frères de race, tels que Galiciens et Acadiens du Nouveau-Brunswick (dont il est convenu de ne pas demander ce qu’ils ont de celte).

    La Breizh Touch est le complément de la celte attitude : le Breton qui ne l’a pas est un faux Breton, celui qui n’en veut pas est un mauvais Breton, et celui qui n’apprécie pas la Breizh Touch est un jacobin. Le jacobin est l’ennemi du Breton : il est français. Le Français n’a pas la Breizh Touch ; il a une identité faible, quoi qu’en dise Sarkozy, et n’a donc pas lieu d’en être fier. Le Breton, lui, a une identité forte ; il le prouve par la Breizh Touch qui la promeut ; voilà pourquoi il est fier d’être ­breton.
    Le Breton qui n’est pas fier d’être breton n’est pas un bon Breton, et le Breton qui dit que cette bretonnerie labellisée le dégoûte est antibreton.

    L’antibreton, fort susceptible d’être aussi jacobin, vous expliquera que cette opération de business identitaire appuyée par les médias soutenus par des industriels est une opération politique.
    L’antibreton évoquera en termes malséants le label «produit en Bretagne» dont le phare sur fond bleu et jaune orne désormais pâtés, andouilles, livres et CD. Il dénoncera l’indispensable «yoghourtisation de la culture». L’expression est de Reynald Secher, auteur d’une Histoire de la Bretagne en bande dessinée dénoncée en son temps dans les colonnes de Libération. «Il faut yoghourtiser la culture bretonne», aurait-il affirmé, d’après le Huchoer, journal indépendantiste breton.

    Bien que cela n’intéresse personne, l’antibreton ne manquera pas de rappeler que «produit en Bretagne» est une association émanant de l’Institut de Locarn.
L’association «produit en Bretagne» a été déclarée en préfecture le 9 février 1995 avec pour siège l’Institut de Locarn (cultures et stratégies internationales).
Le 14 mai 1993 avait été déclarée une première association Coudenhove-Kalergi-Aristide-Briand établissant les liens de l’Institut de Locarn avec l’Union paneuropéenne fondée par le comte de Coudenhove-Kalergi.
Les principes de la pan-Europe sont simples : christianisme, anticommunisme, reconnaissance du droit des groupes ethniques à l’autodétermination.
Rien d’étonnant donc si l’archiduc Otto de Habsbourg, son président d’honneur, connu pour ses liens avec l’Opus Dei, est venu en personne inaugurer l’Institut de Locarn.
Produit en Bretagne est une association complémentaire, au service d’un projet politique : faire de la Bretagne un dragon celtique dans une Europe des ethnies enfin délivrée de l’esprit des Lumières.

    L’antibreton s’acharnera à démontrer que l’Institut de Locarn, rassemblant un club de patrons bretons pleins d’ardeur à servir leur région, nourrit un projet réactionnaire visant à en finir avec l’héritage de la Révolution française : privatisation, libéralisation, démantèlement des lois sociales, recours à l’identitaire pour inscrire la Bretagne dans une Europe des régions unissant les nations celtes en voie d’obtenir leur indépendance. Oui, pourquoi le nier, le pays de Galles, l’Irlande et l’Ecosse doivent servir de référence au modèle breton.
Il faudra bien que le Français à l’identité faible accorde son autonomie au Breton, dont l’identité forte sera révélée sur les Champs-Elysées avec la force d’une panzerdivision par le biniou et, comme le dit Pichard, la musique en plus.

    Le vrai Breton est fier que Patrick Le Lay, un des fondateurs de l’Institut de Locarn, et Patrick Poivre d’Arvor s’associent aux patrons bretons pour célébrer son identité et la lui révéler : Le Lay, qui proclame haut et fort qu’il n’est pas français mais breton, nationaliste breton, a déjà fondé TV Breizh avec François Pinault, Rupert Murdoch et Silvio Berlusconi ; quoi de plus naturel qu’il soit associé à son ami Pinault pour célébrer la Breizh Touch ?
    L’antibreton, qui se proclame le plus souvent de gauche, ira jusqu’à s’étonner que ce soient des élus socialistes, le président du conseil régional de Bretagne, Jean-Yves Le Drian, et le maire de Paris, qui aient pris l’initiative de cette dérive identitaire brassant tous les vieux thèmes de Breiz Atao à l’ombre du drapeau breton. Rappelons que Breiz Atao est le nom d’un groupe autonomiste breton rendu célèbre par sa collaboration avec les nazis. L’un de ses fondateurs, Maurice, dit Morvan, Marchal, a dessiné en 1923 le drapeau breton à bandes noires et blanches, appelé gwenn-ha-du («blanc et noir»).

    L’antibreton dénoncera le communautarisme de la droite du PS, son allégeance au patronat ultralibéral. Il rappellera que Jean-Yves Le Drian, président socialiste du conseil régional, est allé en juin 2006 présenter son programme à l’Institut de Locarn, jurant de faire de la Bretagne une nouvelle Irlande avec l’appui des autonomistes qu’il a fait entrer au conseil régional. Et il relèvera, bien sûr, le coût de la Breizh Touch : 2,5 millions d’euros dont 1,5 million sorti tout droit de la poche des Bretons, qui se prononcent majoritairement, quand on les consulte, contre la décentralisation, sans même parler de l’autonomie, à laquelle ils vont avoir droit, bien qu’ils soient moins de 3 % à la demander.

    L’antibreton acharné ira jusqu’à parcourir le site Internet de la Breizh Touch et railler les propos tenus par les grands auteurs invités pour la célébrer.
Il vous citera en ricanant les déclarations d’Irène Frain sur la Breton pride, celles d’Alan Stivell expliquant qu’il a découvert son identité à l’âge de 9 ans, quand son père a inventé la harpe celtique (laquelle allait devenir, comme le drapeau et le bagad, mis au point peu avant, le symbole millénaire de l’identité bretonne) et celles d’Erik Orsenna assurant que, partout dans le monde, il trouve une bouteille de Coca-Cola et un Breton, et qu’il aime mieux le Breton.

    L’antibreton, qui ne comprend pas que l’important pour le Breton c’est de faire la fête, dénonce la cocacolisation du Breton après la yogourthisation de la culture, et voit dans la Breizh Touch une bécassinade à relents ethnistes. Une bécassinade ! Quand tant de personnes qui font la preuve de leur compétence dans le domaine qui est le leur participent à cette vaste opération… C’est le comble.
(1)  Ouest-France, 7 août 2007.
Auteure du Monde comme si, nationalisme et dérive identitaire en Bretagne, paru chez Babel/Actes Sud en 2005.
Par Francoise Morvan
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Lundi 8 octobre 2007

Extrait des mémoires d’Y. Bertrand , ex patron des RG

 
« Il y avait - et il y aura toujours – chez cet homme (Jean-Pierre Chevènement) une qualité que l’on retrouve, somme toute, assez peu en politique : le courage d’être soi même. C'est-à-dire, en dernière analyse, le courage tout court. Cet homme là a porté très haut « une certaine idée de la République » aux antipodes du laisser faire et de la facilité. Exigeant avec lui-même comme avec les autres, il fut pour moi un ministre exemplaire. »

 

Par Y. Bertrand , ex patron des RG
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Jeudi 8 novembre 2007

Ils s'appellent les Inculpés de la Réunification. Dans la nuit du 19 au 20 avril dernier, Thomas, Hubert et Régis se rendent à Assérac. Ils décorent à leur façon la plaque place Olivier-Guichard et la rebaptisent « place de la Réunification ». Ils s'en prennent ensuite à la stèle érigée en mémoire de l'ancien président de la Région avant d'inscrire « 44 = BZH » sur la place.

Les trois prennent ensuite la direction de La Baule. Ils démontent méthodiquement les plaques siglées avenue Olivier-Guichard. C'est à ce moment-là que la Bac de Nantes les intercepte. Placés en garde à vue, ils répondront le 23 novembre prochain d'actes de désobéissance civile et dégradations de biens publics devant le tribunal de grande instance de Saint-Nazaire. Ils encourent une peine maximum de deux ans de prison et 30 000 € d'amende.

Pour l'ouverture d'un débat

À travers cette aventure nocturne, les trois partisans de la réunification de la Bretagne ont voulu une nouvelle fois remettre sur le devant de la scène le débat sur la réunification de la Bretagne. C'est la raison pour laquelle ils ont voulu toucher à l'image « du premier président de la région Pays de la Loire. Lui comme ses successeurs n'ont pas souhaité ouvrir le débat, alors que de nombreux sondages montrent que les habitants de Loire-Atlantique souhaitent le rattachement à une région bretonne ».

Un comité de soutien composé de nombreuses associations mais aussi d'hommes politiques et d'artistes (Alan Stivell, Gilles Servat) s'est constitué. Il sera présent samedi devant l'hôtel de ville pour une manifestation de soutien, deux semaines avant le procès.

Par Site des Chevènementistes
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Dimanche 9 décembre 2007
Par Site des Chevènementistes
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