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Mercredi 30 avril 2008
(NDLR: un article qui répond à la question de Bruno: comment est il possible d'engager un sans papier compte tenu des demandes nombreuses de l'administration pour toute embauche...)

LEMONDE.FR | 30.04.08 | 19h15  •  Mis à jour le 30.04.08 | 20h50

hristian Gabet, secrétaire de l'Union locale CGT du 13e arrondissement de Paris, soutient 28 salariés sans papiers en grève qui occupent un chantier dans l'arrondissement afin d'obtenir leur régularisation.

Comment le mouvement a été lancé ?

Ces actions sont parties de ce qui s'est passé dans l'Essonne avec Modelux et Buffalo Grill puis avec le restaurant de la Grande Armée à Paris [sept cuisiniers en situation irrégulière ont été régularisés après une grève en février]. Des salariés sans papiers sont venus nous voir et nous ont demandé de les aider : on a préparé cette action avec eux, en secret. Quand tout a été prêt, la grève a été lancée, le 15 avril, à 8 heures. A cette date, il y avait douze sites avec vingt entreprises concernées. Mercredi 30 avril, il y a quatorze sites avec une trentaine d'entreprises et six cents salariés en grève.

Comment parvient-on à se faire embaucher quand on est sans papiers ?

Il y a deux façons : soit on présente de faux papiers, soit on emprunte l'identité d'une autre personne. Ce n'est pas plus compliqué que ça. Une grande partie des employeurs savent que leurs salariés sont sans papiers. Surtout qu'avec les dernières lois, ils ont obligation de contrôler. Il y a aussi l'Urssaf et les impôts auxquels les salariés cotisent.

En fait, les entreprises en profitent : quand vous avez la moitié de votre masse salariale qui est plus ou moins déclarée et que vous les payez de la façon la plus basse possible, vous gagnez des parts de marché. D'ailleurs, quand le mouvement a commencé, certains employeurs ont parlé de concurrence déloyale.

Que pensez-vous de la réponse apportée par le gouvernement ?

Le gouvernement continue de ne pas vouloir faire de régularisations massive mais il devra y venir. C'est une réalité : il faudra légiférer pour donner les moyens à ces salariés de travailler légalement.

La grande majorité des gens qui sont là ont un contrat de travail, un salaire, certains cotisent à la Sécurité sociale, paient des impôts. Mais quand un salarié sans papiers se blesse, la plupart du temps, son employeur arrête son contrat de travail... qui ne reprend qu'au retour du salarié. Par conséquent, les salariés sans papiers ne tombent pas malades parce qu'ils ont peur de perdre leur travail. Ils n'arrivent pas non plus en retard, sinon ils sont licenciés.

par Site des Chevenementistes publié dans : Société Travail
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Mardi 29 avril 2008
LE MONDE | 29.04.08 | 15h13  •  Mis à jour le 29.04.08 | 15h15

i le recul du chômage tend à se confirmer, l'emploi est de moins en moins protecteur contre la pauvreté. Tel est l'un des principaux constats mis en évidence par le cinquième rapport de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale, qui devait être remis, mardi 29 avril, au Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch, et à la ministre du logement et de la ville, Christine Boutin.

Ce rapport confirme que le processus de réduction de la pauvreté globalement observé sur les deux dernières décennies marque une pause : en 2005, dernière année connue, 3,7 millions de personnes (6,3 % de la population totale) vivaient en dessous du seuil de pauvreté (681 euros par mois pour une personne seule), soit un nombre identique à celui de 2003. Et l'intensité de la pauvreté tend à s'aggraver. L'écart entre le niveau de vie médian des ménages pauvres et le seuil de pauvreté ne cessant de s'accroître depuis 2002 (16,3 % en 2002 à 18,2 % 2005), de plus en plus de personnes s'éloignent de ce seuil et "s'enfoncent" dans la précarité.

TEMPS PARTIEL

Même l'emploi protège de moins en moins contre la pauvreté. En 2003 et 2005, le phénomène des working poor (travailleurs pauvres) s'est ainsi accentué : il y a trois ans, 1,74 million de personnes, soit 7 % des travailleurs, occupaient un emploi mais étaient malgré tout dans un ménage ayant un revenu inférieur au seuil de pauvreté ; deux ans plus tôt, ils étaient 1,47 million.

La pauvreté touche d'abord des travailleurs qui connaissant de longues périodes de chômage, mais aussi ceux qui sont employés toute l'année à temps partiel (21 % des travailleurs pauvres) et les non-salariés (27 % sont indépendants).

Les difficultés des travailleurs pauvres sont aussi souvent liées à leur situation familiale. Un tiers d'entre eux a un conjoint chômeur ou inactif (contre 23 % de l'ensemble des travailleurs) et un autre tiers est sans conjoint (contre un quart de l'ensemble des travailleurs). Plus de 40 % des travailleurs pauvres ont ainsi un revenu supérieur à un smic annuel mais qui, rapporté à la composition de leur ménage et en l'absence d'autres ressources, ne permet pas de dépasser le seuil de pauvreté.

par Site des Chevenementistes publié dans : Société Travail
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Jeudi 31 janvier 2008
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En 2002, Bayrou avait eu très chaud finalement...






    Les messages de soutien affluent au rectorat de Lille et dans les syndicats d'enseignants, le collège Chasse-Royale à Valenciennes débraye une heure demain matin en signe de solidarité : la mise en examen pour «violence aggravée sur mineur»
d'un professeur de technologie à Berlaimont, pour une gifle infligée à un élève, indigne le milieu éducatif. Lundi dernier, l'élève en question avait traité son professeur de "connard".

    Le père de l'enfant, un gendarme, a porté plainte le jour même des faits. Des policiers sont alors venus chercher le prof à son domicile.«La réaction policière et judiciaire est ahurissante», estime Michel Devred,délégué régional Nord du Snes-FSU, principal syndicat enseignant. «L'élève n'aurait pas dû insulter le professeur, et le professeur n'aurait pas dû lui donner une gifle, nous sommes bien d'accord. Mais placer ce collègue en garde à vue, pratiquer des tests génétiques sur lui, tout cela nous paraît disproportionné.» Il n'est pas plus satisfait de la réaction du rectorat, qui, dans un premier temps avait annoncé que le professeur aurait interdiction de se présenter devant ses élèves. Depuis, l'enseignant de 49 ans est en congé maladie pour un mois, ce qui a dispensé le rectorat de prendre cette disposition.

    «Le collègue ne va pas bien», confie Michel Devred, «Le ciel lui est tombé sur la tête. C'est un enseignant avec une belle carrière, bien noté administrativement et pédagogiquement.» Le rectorat botte en touche : «Nous ne pouvons pas vous donner ses notations, nous n'avons pas encore sorti son dossier. Nous savons cependant que c'est un professeur très exigeant envers ses élèves.» Il confirme qu'il y aura sanction administrative, mais qu'elle est «encore à préciser». L'élève sera lui aussi sans doute puni : conseil de discipline ? «On n'ira sans doute pas jusque là», signale-t-on au rectorat, en insistant que la décision appartient à l'établissement, le collège Gilles-de-Chin. Peut-être un avertissement.

    Le rectorat reconnaît que cette affaire se passe dans un contexte particulier, avec une recrudescence des violences scolaires. Ce dont témoigne un professeur nordiste : «Je ne connais pas ce prof, ce que je sais, c'est que bosser dans ces établissements, cela veut dire être infaillible. Quand tu es fragile face aux élèves, tu dégustes. Alors, oui, un jour tu peux craquer, tu as la main qui peut partir.» Michel Devred confirme : «Quand le collègue dérape, on oublie tout son passé et on le présente comme un danger pour l'école. Il faudrait aussi se demander ce que pensent aujourd'hui l'élève concerné et ses camarades : on traite de connard un prof, le prof se retrouve en taule ?» Même réaction du côté de l'Unsa education :«Elle est peut-être pédagogique, cette gifle ?», se demande même Joëlle Thiery, de l'Union régionale. On le saura le 27 mars : jugement de l'affaire au tribunal de grande instance d'Avesnes-sur-Helpe.

par Site des Chevenementistes publié dans : Société Travail
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Samedi 3 mars 2007
égolène Royal s'est dessiné un rôle de premier plan dans le dossier Airbus : chef de la "riposte". Prenant la tête de la contestation dans ce dossier très sensible qui installe la bataille de l'emploi dans la campagne présidentielle, la candidate socialiste en profite pour exposer ses propositions : intervention d'un "Etat fort" opposé au "modèle libéral", rénovation d'un dialogue social "archaïque", introduction des salariés dans les conseils d'administration.

Mme Royal a été la première à rencontrer l'intersyndicale du constructeur aéronautique, qui a fait le déplacement depuis Toulouse pour s'entretenir avec elle, vendredi 2 mars, à l'issue de son meeting, salle de la Pelote, à Pau. Nicolas Sarkozy (UMP) et François Bayrou (UDF) rencontreront à leur tour, lundi 5 mars, les représentants des salariés. M. Sarkozy devrait faire part de ses propositions lundi soir sur France 3.

A cinq reprises au moins, dans la conversation qu'elle a engagée avec l'intersyndicale, Mme Royal a développé cette idée : "organiser la riposte" pour s'opposer aux 10 000 suppressions d'emplois annoncées dans le groupe, dont 4 300 en France. "Il faut déboucher sur quelque chose", a-t-elle insisté. Après une heure et demie d'entretien avec onze représentants des organisations syndicales FO, CFDT, CGT, CFTC, CGC et d'un "sous-traitant majeur", la mission est accomplie. Mme Royal a persuadé ses interlocuteurs de créer, en partenariat avec huit régions dirigées par la gauche - dont la sienne, Poitou-Charentes -, un "groupe stratégique" baptisé "Sauvons l'aéronautique" pour étudier les "solutions alternatives" au plan de restructuration qui frappe l'entreprise.

L'initiative n'est pas sans rappeler le collectif Sauvons la recherche, créé par des chercheurs pour protester contre la diminution de leurs crédits décidée par l'actuel gouvernement.

Mardi 6 mars, alors qu'une importante manifestation se prépare à Toulouse, la candidate socialiste sera à Berlin, premier partenaire avec la France du groupe aéronautique européen, pour rencontrer la chancelière Angela Merkel. Prévue depuis plusieurs semaines, cette rencontre tombe à pic. "Je vais porter le témoignage de ce que nous venons de décider avec les syndicats, a-t-elle annoncé. La France et l'Allemagne doivent se battre ensemble et ne pas entrer en compétition l'une contre l'autre."

Peu avant sa rencontre avec les syndicats, Mme Royal avait estimé que la présidence bicéphale du groupe était une "source d'inefficacité".Autour de la table, vendredi soir, les syndicats n'ont pas seulement dénoncé les problèmes de concurrence dans le couple franco-allemand, mais aussi la question du change par rapport au dollar "sous-évalué" et mis en avant la carence du gouvernement français dans ce dossier.

"Il n'y a pas de fatalité", leur a répondu Mme Royal, qui a fustigé les "annonces traumatisantes et incompréhensibles" alors que les carnets de commande d'Airbus "sont pleins pour les cinq ans à venir" et proposé d'étudier toutes les pistes pour "organiser le travail, augmenter la productivité, et renforcer la formation du personnel".

"C'est comme pallier l'absence d'un ministère de l'industrie...", a ironisé Henri Emmanuelli, présent à la réunion, aux côtés des présidents PS de Midi-Pyrénées et d'Aquitaine, Martin Malvy et Alain Rousset. "C'est un peu ça", a souri Mme Royal.

A plusieurs reprises, la candidate a insisté sur la nécessité d'instaurer "un rapport de force politique". Et compte bien, dans cet esprit, se servir des régions comme d'un levier pour mieux souligner "l'inertie du gouvernement".

Huit d'entre elles (Midi-Pyrénées, Aquitaine, Ile-de-France, Poitou-Charentes, Pays de la Loire, Picardie, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Centre) étant concernées par une activité d'EADS ou d'un de ses sous-traitants, Mme Royal, et avec elle tout le PS mobilisé, suggèrent de les faire entrer dans le capital du groupe, à la manière des Länder allemands.

"CONTRE-POUVOIR"

Selon M. Rousset, les régions françaises pourraient apporter 150 à 200 millions d'euros "sur plusieurs années". La nécessité d'un décret du Conseil d'Etat pour entrer dans le capital du groupe est balayé. "Pour la première fois, les régions ont décidé de servir de contre-pouvoir" afin de "limiter les dégâts", a fait valoir Mme Royal à l'issue de sa rencontre avec les syndicats.

Pas question pour autant de se substituer au groupe Lagardère, qui pourrait se désengager. "Les actionnaires privés sont suffisamment proches du pouvoir pour que le gouvernement actuel ait quand même les moyens, surtout en cette période sensible, de leur demander de rester stables dans le capital et respecter un peu les territoires", a affirmé la candidate.

Favorable à une recapitalisation par les Etats du groupe européen, Mme Royal précise qu'il s'agit d'un "plus", et non d'une possibilité de substitution. A la sortie, les syndicalistes se disaient tous "satisfaits". "Airbus n'est pas malade, il (n')a (que) la grippe", soulignait Bernard Gaillanou, délégué CFDT.

par Le Monde publié dans : Société Travail
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Mercredi 28 février 2007
Communiqué de presse OUEST FRANCE

Power 8 va donc être appliqué, un accord ayant été trouvé entre actionnaires mais aussi entre la France et l'Allemagne. Ce plan de restructuration propose "d'externaliser" 5 usines du groupe. Deux en France Saint-Nazaire et Méaulte et deux en Allemagne. En d'autres termes, Saint-Nazaire va être vendue.

Le but du jeu pour Airbus est donc de vendre ces usines pour qu'elles continent à produire pour le groupe mais en concurrence avec des pays à bas coût comme la Chine ou l'Inde. En plus de ces mesures, Airbus va supprimer petit à petit 3500 emplois en Allemagne et 4 200 en France. But du jeu pour les dirigeants, réaliser 2,1 mlliards de bénéfice d'exploitation par an. C'est ce mercredi que Louis Gallois et la direction d'Airbus doit annoncer officiellement le plan de restructuration de la société.

Ce que la presse européiste ne dit pas dans cette affaire:

Airbus est une illustration de plus de la désindustrialisation de la France depuis Maastricht.

En cause:

- l'absence de politique industrielle européenne et plus grave de politique industrielle française: on voit ainsi que la France est plus touchée que l'Allemagne alors que l'état français est  le premier actionnaire et a le plus investit dans le développement d'Airbus. D'un côté une Allemagne  qui protège ses emplois
avec l'aide de ses  landers (participations dans les groupes industriels). Et en face, la France qui laisse son industrie sans défense.
- la politique européenne de l'euro chèr qui assure toujours plus de profit aux rentiers de la Finance et  surenchérit les coûts de production  dans la zone euro.
- l'incurie des dirigeants qui ont cherché à gagner des marchés à tout prix sans se préoccuper des questions de planning et de rentabilité, et qui n'ont pas su anticiper l'aggravation  de l'écart euro-dollar


par LB publié dans : Société Travail
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Samedi 12 novembre 2005


Que vous inspire la multiplication des incidents dans les banlieues après les déclarations musclées de Nicolas Sarkozy ?


JPC : Soyons justes : la dégradation du climat dans les banlieues procède de causes anciennes et profondes : installation d’un chômage de masse depuis le milieu de la décennie 70, ghettoïsation des quartiers, ethnicisation des rapports sociaux, crise de la citoyenneté. Evidemment, si un ministre de l’Intérieur, doit, par fonction, tenir un langage de fermeté républicain, il doit aussi s’abstenir de recourir à des amalgames provocants. Or, c’est ainsi qu’ont été comprises les expressions employées à Argenteuil  par M. Sarkozy. Il a certes rectifié son propos dans Le Monde du 5 novembre : il lui aura fallu près de deux semaines ! Je ne ferai pas dans l’angélisme. Il n’est pas acceptable de tirer sur des véhicules de police ou de caillasser les pompiers, ou encore de brûler les écoles et les gymnases, mais quand le ministre de l’Intérieur visite une ville de banlieue, il doit éviter de faire monter inutilement la tension, ce qui, à la fin, ne facilite pas la tâche de la police, tâche ingrate car elle intervient « en bout de chaîne », quand tout le reste a échoué.

Mais est-ce que Nicolas Sarkozy n’a pas aussi modifié les règles de l’intervention policière ?

JPC : Je l’avais en effet mis en garde, en lui écrivant dès le 25 juin dernier, quand j’ai constaté sur le terrain la quasi disparition de la police de proximité que j’avais progressivement installée à partir de 1999. Cette police de proximité visait à rapprocher les policiers de la population, en rupture avec la tradition française qui est plutôt celle d’une police d’ordre public. Il s’agissait donc d’adapter la police à la montée de la délinquance dans les quartiers en territorialisant son action : chaque circonscription de police était découpée en plusieurs secteurs avec un commissariat de secteur ou un bureau de police. Mais la police de proximité, à mes yeux, ne se confondait pas avec l’îlotage traditionnel. Au contraire, la police de proximité avait à la fois une mission de prévention et de répression car l’une et l’autre sont également nécessaires. Il faut tenir ensemble les deux bouts de la chaîne : autant de prévention que possible et autant de répression que nécessaire : la sanction elle-même est un rappel à la règle. La police de proximité exerçait donc pleinement ses prérogatives de police judiciaire au quotidien et agissait en partenariat avec les autres acteurs de la sécurité : principaux de collège, bailleurs sociaux, commerçants, animateurs des collectivités locales, travailleurs sociaux, etc. Cette forme de police, inspirée de ce qui se faisait au Québec et aux Pays-Bas, expérimentée, testée, évaluée de 1998 à 2000, demandait des effectifs et un peu de temps pour réussir. Malheureusement elle a été subrepticement, mais assez vite (en fait, dès la fin de 2002), vidée de son contenu par Nicolas Sarkozy.


Celui-ci a-t-il pris des mesures précises ? Y a-t-il eu des textes ?

JPC : Dans l’annexe de la loi du 29 août 2002 dite d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure, j’aurais dû m’inquiéter d’une petite phrase apparemment anodine : « L’objectif d’une police de proximité sera maintenu. Mais sa mise en œuvre ne doit pas se faire au détriment des capacités d’action judiciaire et de la présence nocturne des forces ». La loi donnait à Nicolas Sarkozy 13.500 emplois supplémentaires de 2002 à 2007, dont 6.400 pour renforcer la police de proximité. Je m’interroge sur l’usage qui a été fait de ces moyens supplémentaires …

Le 24 octobre 2002 une circulaire de Nicolas Sarkozy demandait « d’adapter les modalités de mise en œuvre de la police de proximité » … « sans remettre systématiquement en cause le maillage territorial », formule pour le moins inquiétante.

En février 2003 le ministre de l’Intérieur « virait » le Directeur de la Sécurité Publique de Haute Garonne, un ancien de mon cabinet, en prononçant des paroles définitives :

« La police n’est pas faite pour organiser des matchs de foot avec les jeunes des quartiers ». Chacun comprend ce que signifie ce genre de signal : peu à peu la police de proximité a vu fondre ses effectifs. La priorité a été donnée à la police d’intervention appelée à agir en cas d’incident. Une circulaire de la DGPN  du 24 octobre 2004 préconisait enfin de « trouver un meilleur équilibre entre la présence dans les secteurs et l’investigation de terrain ». Il faut décoder tout cela. Les policiers savent faire : la police de proximité avait pour but d’anticiper autant que de réprimer. Désormais on se bornerait à réagir.

Comment cette évolution de la doctrine policière s’est-elle traduite sur le terrain ?

JPC : Très simplement : les unités territorialisées ont été vidées de leurs effectifs et le concept de police de proximité privé de sa substance. Les commissariats de secteur et les bureaux de police sectorisés ont perdu l’essentiel de leurs attributions : ils ne sont plus que des bureaux d’accueil, souvent d’ailleurs dans des tranches horaires limitées à la journée, voire à quelques heures. Les patrouilles de police sont décidées à partir du Commissariat Central. Les unités terrirorialisées ont perdu les trois quarts de leurs effectifs. L’objectif d’une meilleure connaissance réciproque de la police et de la population a été perdu de vue. Il est évident que le passage de voitures sérigraphiées ou banalisées dans les quartiers ne peut pas remplacer les patrouilles régulières de policiers connaissant le terrain et la population. L’action partenariale est inévitablement délaissée. La priorité donnée à une police d’intervention par la généralisation des « BAC » de jour débouche sur le face à face d’une population qui ne comprend pas que la police est là pour la protéger, et de policiers opérant sur un terrain et dans un milieu qu’ils connaissent évidemment moins bien qu’une police de proximité territorialisée. L’équilibre nécessaire entre prévention et répression a été rompu. Et ce n’est pas le recours en dernier ressort aux CRS et aux escadrons de gendarmerie mobile – même s’il peut s’avérer aujourd’hui indispensable – qui recréera la confiance entre la police et la population. C’est toute la conception républicaine de la police qui s’est trouvée atteinte par ce virage doctrinal.

Il est temps de redonner à la police de proximité de la substance, c’est-à-dire des effectifs, en particulier dans les grandes circonscriptions et dans les cités de banlieue. Mais cela suppose une conception humaniste et républicaine de la police, fondée sur la citoyenneté et la responsabilité.

Cela peut-il suffire ?

JPC : Certainement pas. Le moment est venu non pas de « poursuivre », comme l’a dit le Président de la République, mais d’engager une véritable politique d’accès à la citoyenneté pour les jeunes en situation défavorisée. L’emploi est la clé de l’intégration. Des centaines de milliers d’emplois vont être libérés dans les prochaines années par le départ à la retraite des générations nombreuses d’après-guerre. C’est l’occasion, comme je l’avais proposé en vain, en 1999, de généraliser les préparations rémunérées aux concours de la Fonction Publique : on mettra le pied à l’étrier à tous ceux qui en ont la capacité : au-delà, les « contrats aidés » devraient conduire les entreprises, et d’abord les plus grandes, à recruter dans les cités et à mettre en place des plans prévisionnels d’embauche, afin de débonder l’abcès du ressentiment enfoui dans nos banlieues. Il faudra enfin donner à tous un sentiment commun d’appartenance. Mais cela, c’est le problème de la France au XXIe siècle …
par Denis Sieffert (Politis) publié dans : Société Travail
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Jeudi 15 septembre 2005

(Commentaires en rouge)

Salaires: Aucun rapport évidemment entre la hausse des rénumérations des professionnels de la santé et  l'aggrandissement du trou de la sécurité sociale...

* 185 600 euros :
C'est le revenu moyen d'un radiologue, avec de grandes disparités selon les régions. 52 400 euros, c'est le revenu moyen net de charges d'un psychiatre en 2002. Le nombre de femmes médecins devrait augmenter de 28% d'ici à 2025 et représenter 52% des médecins en activité. Aujourd'hui, 207 000 médecins sont en activité.

* 1,9%: c'est l'augmentation des revenus par an des médecins spécialistes entre 1993 et 2003

* 19,7% : c'est la différence de salaire en 2003 entre un homme et une femme et l'écart ne se résorbe que très lentement. A cette date, un cadre à temps complet perçoit en moyenne 3 577 euros, soit 2,7 fois plus qu'un ouvrier et 2,8 fois plus qu'un employé.

La pauvreté en France: le loto, seul espoir pour sortir de la misère?

* 612 000 logements (soit 2,5% des 30,3 millions en France) ne possèdent ni WC intérieur ni douche. Ils étaient 4% en 1996 et 15% en 1984. Dans les immeubles, le surpeuplement concerne encore un ménage sur cinq. A l'inverse, deux ménages sur trois vivent dans un logement comptant plus de pièces que la norme. En 2004, une résidence principale compte en moyenne 4 pièces.

* 7,8 milliards d'euros : c'est la somme dépensée en 2003 à la Française des jeux. C'est l'équivalent de 130 euros par habitant en moyenne. En 25 ans, les Français ont doublé leur mise, mais restent en dessous de la moyenne de l'Union européenne.

Société: de plus en plus de personnes seules

* 708 000 : c'est le nombre de familles recomposées. Il est en hausse de 10% entre 1990 et 1999. Plus d'une sur deux est constituée d'enfants nés des précédentes unions et du couple actuel.

 L'an dernier, 266 300 mariages ont été célébrés en France, soit 16 600 de moins qu'en 2003.
En 40 ans, la proportion de personnes vivant seules à plus que doublé.

par Bureau publié dans : Société Travail
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Mercredi 7 septembre 2005

Télérama : S'il y a un domaine où règne un dogmatisme religieux, dites-vous, c'est bien l'économie... Est-ce encore le cas depuis que l'ultralibéralisme des années 80 a déchanté ?

Jean-Claude Guillebaud :
Nous sommes dans un système où 50 millions de riches disposent d'autant de richesses que 2,7 milliards de pauvres. Aux Etats-Unis, 17 % du revenu brut sont accaparés par 1 % de la population. Et on nous demande de penser que tout est normal... Il faut vraiment être bigot pour accepter un système pareil !

Récemment, j'étais invité dans une école de commerce à Nantes. C'est vraiment un de ces lieux ultra modernes où l'on a l'impression de se retrouver dans un temple du libéralisme. Face à un amphi plein, j'ai déclaré de but en blanc que le libéralisme, aujourd'hui, a emprunté au communisme presque tous ses défauts. Surprise des étudiants. J'ai dix arguments à l'appui de cette thèse, voulez-vous que j'en développe quelques-uns ? Et je me suis lancé : on vous apprend que le plus important c'est l'économie, et que le reste est secondaire. Le marxisme disait la même chose, on sait sur quoi ça a débouché. On vous dit aussi que si une économie ne marche pas bien, c'est que le système n'est pas assez libéral, qu'il faut déréguler, flexibiliser. Dans les pays communistes, ça ne marchait pas non plus, parce qu'on n'était pas encore assez communiste, pas assez collectivisé. La promesse d'un marché parfait parce que dérégulé, débarrassé de toute rigidité, ressemble aux lendemains qui chantent et à l'avenir radieux promis par le communisme ! Le débat a été animé, on a fini la soirée à 1 heure du matin.

Télérama : Aux croyances à la carte - chacun choisit ce qui lui plaît dans un catalogue infini -, vous opposez un « besoin paradoxal d'institution »...

Jean-Claude Guillebaud :
La modernité a été un mouvement de conquête contre les institutions. Il nous reste l'idée que quand on critique, quand on fait dissidence, on s'affranchit d'une oppression. Le processus de disqualification des institutions se poursuit : d'abord les Eglises, l'école, puis l'Etat providence, le Code du travail. C'est le même mouvement. On est allé très loin dans le rejet avec l'impression qu'on se « libérait ». Or, sans institutions, la croyance est folie. Les grandes institutions religieuses sont des machines à apprivoiser la croyance, à la transformer en un socle commun de civilisation. Il faut bien observer, par exemple, l'histoire de l'Eglise catholique : en deux mille ans, elle a toujours tendu à rigidifier son message, mais celui-ci s'est perpétué et est resté vivant aux lisières, grâce à de grands saints comme Thérèse d'Avila, à des franciscains contestataires, à des gens comme Bartolomé de Las Casas... Du côté des juifs et des musulmans, Spinoza ou Maimonide étaient eux aussi marginaux. Dans le domaine scientifique, les grands inventeurs se sont presque toujours heurtés aux courants dominants et dogmatiques. Pourtant, s'il n'y avait pas eu d'institutions, ils n'auraient pas pu travailler. C'est un jeu complexe, je fais donc « l'éloge paradoxal des institutions » : on a besoin qu'elles existent, il faut à la fois les soutenir et les soumettre à la critique
.
 
par Jean-Claude Guillebaud publié dans : Société Travail
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